Depuis plusieurs semaines, les habitants reliant les tronçons Nyawera- Panzi, place – Brasserie se disent victimes de la hausse du prix du transport en bajaji, ces tricycles devenus indispensables dans le quotidien des Bukaviens. Ce mercredi 24 novembre 2025, des passagers rencontrés par notre rédaction ont exprimé leur mécontentement face à ce qu’ils qualifient de « pratiques abusives » de la part de certains conducteurs.
Approchant les responsables de, inspecteurs de l’Association des transporteurs tricycles Au Kivu (ATTK) et Tricyclistes en action pour l’entraide et développement (TRACTED-RDC/ASBL) précisent que les tarifs semblent relativement stables grâce à leur présence. Le prix officiel du trajet reste fixé à 500 francs congolais (FC). Mais dès la tombée de la nuit, la situation change. En l’absence des superviseurs, plusieurs conducteurs en profitent pour doubler le tarif, le faisant passer à 1000 FC, soit le double du prix normal.
Pour de nombreux habitants, cette augmentation brusque est devenue un véritable fardeau.
Nsimi Matabaro, une commerçante des fruits témoigne :« Nous sommes dans des difficultés. J’habite à Panzi et aujourd’hui le transport devient une charge lourde. Parfois, je sors du marché sans avoir vendu mes articles. Mon capital est de 6000 FC , mais si je dépense déjà 1000 FC uniquement pour rentrer, comment mes enfants vont-ils manger ? »
Le même constat est fait par Ombeni Cirhimwami Yvette, habitante de Brasserie :
« Nous souffrons tellement à cause du transport. La distance entre place et brasserie n’est pas longue, mais on nous oblige à payer 1000 FC, presque le même prix que ceux qui vont jusqu’à Bagira. Nous demandons à nos autorités de trouver une solution pour réguler ces tarifs. » demande t-elle.
Face à ces plaintes répétées, l’ATTK reconnaît l’existence du problème. Christophe Mugaruka, inspecteur au sein de l’association, explique :
« Chaque jour, nous rappelons aux conducteurs que le prix officiel est de 500 FC. Ceux qui augmentent abusivement le tarif risquent une suspension d’un à deux mois. Mais dès que nous quittons la route le soir, certains chauffeurs en profitent pour hausser les prix. Tant que le carburant ne change pas, le tarif restera fixé à 500 FC. » insiste t-il.
En attendant une régulation plus stricte, les habitants de Bukavu continuent de subir ces hausses répétées. Une situation qui alourdit le coût de vie déjà difficile pour des familles vivant au taux du jour.
Par Christel Safari

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