Le président congolais Félix Antoine Tshisekedi a demandé un rééquilibrage entre financement de l’atténuation et celui de l’adaptation pour les pays qui subissent les chocs du changement climatique. C’était lors d’un discours prononcé en prélude du lancement, de la 30ème Conférence des parties sur le réchauffement climatique (COP30) à Belém au Brésil , qui suscité les réactions des activistes environnementaux.
Dans son discours, le chef de l’État a insisté sur les financements dédiés à l’atténuation du changement climatique et ceux consacrés à l’adaptation, en particulier pour les pays les plus exposés aux effets du dérèglement climatique.
« Le droit d’être protégé doit s’exercer dès aujourd’hui, et ne peut se limiter à des promesses d’atténuation pour demain », a-t-il martelé devant ses pairs.

L’intervention du président Tshisekedi a été saluée par plusieurs acteurs de la société civile, dont l’activiste environnemental Guillaume Kalonji, qui y voit un pas important vers la reconnaissance des écocides comme crimes internationaux.
« En appelant la communauté internationale à reconnaître les écocides, le président engage les institutions supérieures comme la Cour pénale internationale et la Cour africaine de justice à soutenir les efforts nationaux de protection de la nature », a-t-il déclaré.
Selon lui, cette reconnaissance permettrait de considérer la destruction massive des écosystèmes déforestation, pollution chimique, marées noires au même titre que les crimes contre l’humanité, ouvrant ainsi la voie à une véritable justice climatique.
Le président congolais a également profité de cette tribune pour présenter son projet du Couloir vert Kivu-Kinshasa, une initiative de conservation territoriale intégrée couvrant plus de 540 000 km², dont 100 000 km² de forêts primaires.
« L’avenir de l’humanité dépend en grande partie des forêts. Pourtant, ces forêts vitales sont aujourd’hui en péril », a-t-il rappelé, appelant à une mise en œuvre urgente des engagements pris depuis l’Accord de Paris.
La COP30, qui s’ouvrira officiellement le 10 novembre à Belém, s’annonce comme un tournant décisif pour les pays du Sud, qui espèrent des engagements concrets en matière de financement, de justice climatique et de reconnaissance des enjeux spécifiques auxquels ils font face.
Par Mitterrand Rukozo

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