13/03/2026

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‎Sud-Kivu: plus de 50 000 déplacés et une pression sanitaire alarmante, la province face à une urgence multidimensionnelle

Depuis l’arrivée des troupes de l’AFC 23 dans la province du Sud-Kivu, la situation humanitaire s’est considérablement aggravée. En janvier 2026, l’intensification des affrontements armés dans plusieurs localités du territoire d’Uvira, notamment à Kigongo, Katongo et Lemera, a provoqué le déplacement de plus de 50 000 personnes, selon le rapport de situation de l’OCHA.


‎Les violences ont également entraîné des actes de pillage entre le 18 et le 19 janvier dans la ville d’Uvira. Au moins sept organisations humanitaires ont été touchées, tandis que d’autres incursions armées ont été signalées dans plusieurs régions.

‎Santé et nutrition : une crise persistante

‎Sur le plan sanitaire, l’insécurité complique l’accès aux soins et accentue la malnutrition. En janvier, 610 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère et 501 atteints de malnutrition modérée ont été pris en charge. Par ailleurs, 320 enfants et 204 femmes enceintes ou allaitantes ont bénéficié d’une supplémentation alimentaire. Les activités de dépistage ont permis de contrôler près de 6 000 enfants de moins de cinq ans et plus de 1 400 femmes enceintes, conduisant au référencement de plus de 1 700 cas de malnutrition vers les structures spécialisées.

‎Malgré ces efforts, la couverture nutritionnelle reste insuffisante dans plusieurs zones de santé. Les partenaires ont sensibilisé près de 14 000 personnes aux bonnes pratiques alimentaires, mais les besoins demeurent énormes.


‎Malgré l’insécurité, les organisations humanitaires poursuivent leurs interventions.Comme on pouvait lire dans ce rapport, Médecins du Monde Belgique et People in Need ont assuré plus de 13 000 consultations curatives, 90 accouchements et 59 consultations prénatales dans sept zones de santé. International Medical Corps a fourni des soins à plus de 1 500 personnes via des cliniques mobiles et facilité l’accès gratuit aux soins pour plus de 21 000 personnes supplémentaires.

‎L’OMS, de son côté, a pris en charge 2 678 patients dans plusieurs zones de santé et renforcé la riposte contre les épidémies de choléra et de mpox. En parallèle, 76 survivantes de violences sexuelles ont reçu une prophylaxie post-exposition dans les 72 heures suivant l’incident. L’ONG AFPDE a également assuré la prise en charge médicale de plus de 3 200 personnes vulnérables.

‎Sécurité alimentaire et hygiène

‎Le Programme Alimentaire Mondial a distribué des vivres à près de 145 000 personnes, tandis qu’ACTED a assisté plus de 48 000 personnes dans le territoire de Walungu. La FAO et d’autres ONG locales ont soutenu des ménages vulnérables par la distribution de semences, d’animaux de petit élevage et des formations agricoles. Ajoute ce document.

‎En matière d’eau, hygiène et assainissement, plusieurs partenaires, dont Oxfam, MSF et l’UNICEF, ont mené des activités de chloration, désinfection et sensibilisation, touchant plus de 62 000 personnes. Des kits d’hygiène intime ont également été distribués à des femmes et adolescentes déplacées.

‎Pression épidémiologique

‎La province reste confrontée à une forte pression épidémique. En janvier, 1 109 nouveaux cas de mpox, 2 318 cas de choléra et 1 707 cas de rougeole ont été enregistrés, avec plusieurs décès. Toutes les 34 zones de santé du Sud-Kivu sont affectées par ces épidémies, accentuant la vulnérabilité des populations déjà fragilisées par l’insécurité.

‎Rappelons que ces chiffres sont  produits par OCHA RDC en collaboration avec ces partenaires humanitaires qui couvre la période du 1 er au 31 janvier 2026.

‎Par Evelyne Masonga