Dans la province du Sud-Kivu, en particulier la ville de Bukavu, la multiplication des incendies inquiète de plus en plus. Des maisons détruites, des familles sans abri et des vies perdues : le phénomène laisse derrière lui des victimes qui peinent à se relever. Après le drame survenu à Cimpunda, de nouvelles alertes sont lancées par de jeunes reporters, qui appellent les autorités et la population à agir pour prévenir de nouveaux sinistres.
Depuis le début de la saison sèche, plusieurs quartiers de Bukavu ont été touchés par des incendies. Dans certaines zones, la proximité des habitations et l’utilisation de matériaux facilement inflammables favoriseraient la propagation rapide des flammes.
Pour Prisca Mahamba, jeune reporter à Bukavu, la situation est particulièrement préoccupante. Elle observe que la ville connaît régulièrement une recrudescence des incendies à partir du mois de juin, notamment dans les quartiers où les maisons sont construites en bois et en tôles et sont rapprochées les unes des autres.
À Irambo, des familles perdent tout en quelques heures
L’avenue Irambo, dans le quartier Nguba, figure parmi les zones régulièrement touchées. Dans la nuit de dimanche à lundi, aux alentours de minuit, un incendie a ravagé plusieurs habitations.
Quatre familles dont les enfants fréquentent la chorale des Petits Chanteurs de la paroisse de Nguba figurent parmi les victimes.
Aline, une jeune fille issue de l’une des familles touchées, raconte que les siens dormaient lorsque le feu s’est déclaré dans une maison située derrière la leur. Les cris des voisins ne les ont pas immédiatement réveillés. C’est finalement la chaleur des flammes qui les a alertés.
La famille a dû quitter précipitamment la maison, laissant derrière elle ses biens. Au petit matin, en revenant sur les lieux, ses membres ont découvert leur habitation détruite.
Vêtements, meubles et documents scolaires ont été consumés. Seul un crucifix accroché au mur du salon a, selon le témoignage de la famille, échappé aux flammes.
L’origine de cet incendie reste inconnue. Pour les familles sinistrées, la perte est lourde. Les enfants doivent désormais faire face à la destruction de leurs effets scolaires et de leur logement, tandis que les parents sont confrontés à la perte de leurs biens et aux difficultés liées au relogement.
Deux incendies simultanés ravivent les inquiétudes
L’inquiétude s’est accentuée dans la même journée. Vers 15 heures, deux autres incendies se sont déclarés simultanément sur l’avenue Irambo.
https://youtu.be/SZtersOP0aY?si=slcmreWXFnL3WPoL
Alors que des jeunes du quartier tentaient de maîtriser le premier foyer, un autre incendie s’est déclaré à une centaine de mètres.
Cette succession de sinistres alimente les interrogations des habitants, notamment sur les causes de ces incendies et sur les moyens de prévention disponibles dans les quartiers concernés.
Pour Prisca Mahamba, une réponse urgente est nécessaire. Certaines familles sinistrées, malgré les pertes enregistrées, disposent de peu de moyens pour se reloger. Le coût des loyers et le manque d’espace disponible à Bukavu les exposent au risque de reconstruire dans les mêmes quartiers, parfois sur les lieux mêmes des incendies.
À Luziba, un incendie emporte une enfant
L’alerte est également relayée par Stéphanie Kabagale, jeune reporter à Bukavu. Elle témoigne de la situation vécue par son amie Gloria, qui habite dans une avenue communément appelée « Luziba », récemment touchée par un incendie.
Plusieurs maisons ont été détruites. Mais au-delà des dégâts matériels, le sinistre a également fait une victime : la petite sœur de Gloria a perdu la vie.
Selon le récit rapporté par Stéphanie Kabagale, Gloria témoigne de la douleur de sa famille après ce nouveau drame.
« La première fois que notre maison a brûlé, nous avons tout perdu, mais au moins nous étions tous en vie. Nous avons tout rebâti ensemble. Mais maintenant, mon unique sœur a perdu la vie. Mes parents et mes frères sont anéantis », témoigne-t-elle.
Pour la jeune reporter, ce drame montre l’ampleur des conséquences des incendies à Bukavu. Au-delà des maisons et des biens détruits, ces sinistres bouleversent durablement la vie des familles et peuvent emporter des vies.
Les enfants particulièrement exposés
Les jeunes reporters insistent également sur les conséquences de ces incendies sur les enfants. Lorsqu’une famille perd son habitation, les enfants peuvent se retrouver privés de leurs effets scolaires, de leurs documents et, dans certains cas, voir leur scolarité perturbée.
Prisca Mahamba et Stéphanie Kabagale rappellent ainsi que les enfants touchés par ces catastrophes restent titulaires de leurs droits, notamment le droit à la vie, à l’éducation et à un logement digne.
Elles appellent la population à ne pas rester indifférente face aux familles sinistrées et encouragent la solidarité envers les victimes.
Les jeunes reporters demandent des mesures de prévention
À travers leurs témoignages, les deux jeunes reporters veulent attirer l’attention sur un phénomène qu’elles estiment devenu récurrent dans plusieurs quartiers de Bukavu.
Elles appellent les autorités, les services de protection civile, les organisations humanitaires et la population à renforcer les actions de prévention et d’assistance aux familles touchées.
Alors que les causes de plusieurs incendies restent encore à déterminer, elles plaident également pour des mesures permettant de réduire les risques et de mieux protéger les populations, particulièrement les enfants.
À Bukavu, derrière chaque maison détruite se trouve une famille confrontée à la nécessité de reconstruire sa vie. Pour les jeunes reporters, l’urgence est désormais de renforcer la prévention, d’accompagner les familles sinistrées et d’éviter que de nouveaux incendies ne viennent davantage endeuiller la ville.
J’ai surtout resserré les répétitions, renforcé l’angle dès le début et hiérarchisé les témoignages, tout en gardant vos informations et la parole des jeunes reporters.
Par Cosna Muhigwa

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