À l’occasion de la Journée internationale de la paix, des jeunes filles et garçons issus de différentes organisations de jeunes se sont retrouvés à Bukavu autour d’un match de football placé sous le signe de la paix, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale.
L’activité a réuni notamment des membres du Forum Inter-Réseau des Jeunes pour la Paix (FIRJP), de la Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité (CJPS) ainsi que des femmes membres de l’Association des femmes motocyclistes. Au-delà de la compétition sportive, ce match avait pour objectif de créer un espace de rencontre, de dialogue et de rapprochement entre des jeunes et des femmes issus de différents milieux et organisations.
Le football pour rapprocher les communautés
Sur le terrain, les participants ont été volontairement mélangés, sans distinction entre les organisations d’appartenance. Une approche qui, selon les participants, a permis de transformer le football en un véritable outil de rapprochement.
« Lorsqu’il s’agit d’un match qui a mélangé les deux côtés, l’objectif, c’est la paix. On veut traduire la paix entre les joueurs, la paix dans notre pays, la paix partout où nous sommes », explique Alice Boroto, membre de l’Association des femmes motocyclistes.
Pour elle, cette rencontre sportive a également permis de renforcer les liens entre les participants. « Ça nous aide à renforcer les liens avec l’équipe qui est venue jouer avec nous. Ça nous aide aussi à renforcer la paix entre les membres de l’association. Il y a eu des échanges, des rires et des moments de partage », témoigne-t-elle.
Le match a ainsi dépassé le cadre sportif pour devenir un espace de socialisation où les différences entre les participants ont laissé place à la collaboration et au partage.
Une rencontre qui rassemble les jeunes autour de la paix
Pour Oscar Nyakasane, membre de Global Peace and Transformation, la présence de jeunes provenant de différents milieux, aux côtés des femmes, constitue un signal en faveur de la cohésion sociale.
« C’est une très bonne chose à encourager, surtout que ça témoigne d’une cohésion. Le fait que nous avons vu les jeunes de différents coins se réunir, même avec les femmes, témoigne d’abord d’une cohésion et constitue un grand appel à la paix et à la cohésion sociale », souligne-t-il.
À l’occasion de la Journée internationale de la paix, il appelle également les jeunes à poursuivre leur engagement en faveur de la paix et à ne pas renoncer aux initiatives qui favorisent le rapprochement entre les communautés.
Le sport comme espace pour dépasser les divisions
Pour Andema Malembe Placide, le match représente un moment permettant aux participants de prendre de la distance avec les tensions et les difficultés liées au contexte de la région.
« Un match pour la paix représente un moment d’oublier nos soucis, d’oublier les conflits. Ces matchs sont une occasion de plus pour nous de faire confiance et de nous rapprocher », estime-t-il.
Il considère également que la paix ne doit pas rester un simple idéal, mais se traduire par des actes concrets dans la vie quotidienne. Pour lui, la jeunesse doit jouer un rôle central dans la construction d’une société où les différences d’origine ou de nationalité ne constituent pas des obstacles au vivre-ensemble.
« Malgré que nous soyons de nationalité congolaise ou d’une autre nationalité, cela ne doit pas nous empêcher d’accueillir les autres jeunes. Nous devons oublier nos frontières et savoir que nous devons vivre en paix, car sans la paix, il n’y a aucun développement auquel on peut espérer », insiste-t-il.
Le football, un langage commun pour la paix
Cette initiative montre ainsi que le football peut constituer bien plus qu’une activité sportive. En réunissant des jeunes et des femmes autour d’un même terrain, il crée un espace où les participants peuvent se rencontrer, apprendre à collaborer, échanger et construire des relations au-delà de leurs appartenances respectives.
Dans un contexte marqué par les divisions et les tensions, les activités sportives inclusives peuvent contribuer à reconstruire la confiance entre les personnes et à promouvoir des valeurs telles que le respect, la solidarité, la tolérance et la coopération.
À travers ce match organisé dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la paix, les participants ont ainsi porté un message commun : la paix et le vivre-ensemble se construisent aussi dans les espaces de proximité, y compris sur un terrain de football.
Par Mitterrand Rukozo

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