28/06/2026

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 RDC: la tuberculose tue en silence 

Le monde a célébré la Journée mondiale de lutte contre la tuberculose sous le thème : « Oui, nous pouvons mettre fin à la tuberculose » ce 24 mars 2026 . À Bukavu, l’accent a été mis sur les mécanismes concrets déployés pour combattre cette maladie qui reste l’une des plus contagieuses au monde.

‎La tuberculose, causée par la bactérie Mycobacterium tuberculosis, se transmet par voie aérienne lorsqu’une personne infectée tousse, parle ou éternue. Elle touche principalement les poumons et se manifeste par une toux persistante, un amaigrissement, une fatigue chronique et parfois de la fièvre. Sans diagnostic ni traitement rapide, elle se propage facilement dans la communauté.

‎Lors d’un entretien, le docteur Byamungu Freddy, médecin généraliste à la prison centrale de Bukavu, a rappelé que le diagnostic reste l’un des plus grands défis.

‎« Notre système de santé a besoin d’un financement adéquat pour acquérir des équipements capables de poser un diagnostic rapide et fiable », explique-t-il.

‎Équiper les centres de santé avec des outils modernes permettrait d’identifier les malades à temps, de démarrer rapidement le traitement et de limiter la transmission.

‎Le médecin insiste sur le rôle central de la communauté :

‎« Le premier intervenant dans ce cycle, c’est la communauté. Si elle est bien informée, elle devient le premier acteur de la détection », souligne-t-il.

‎La sensibilisation est donc essentielle. Reconnaître les signes toux persistante, perte de poids et orienter les malades vers les structures de santé peut sauver des vies et freiner la propagation.

‎La prise en charge ne s’arrête pas au diagnostic. Le suivi rigoureux des patients pendant les six mois de traitement est essentiel.

‎« Certains patients arrêtent leur traitement dès qu’ils se sentent mieux, alors que cela favorise la résistance aux médicaments », alerte le docteur.

‎Un accompagnement constant, des conseils et une sensibilisation sur l’importance de terminer le traitement sont indispensables pour éviter les formes résistantes, plus longues et coûteuses à traiter.

‎Ce médecin rappelle que la lutte contre la tuberculose ne peut réussir sans un système de santé solide : financement, formation du personnel et appui des partenaires internationaux comme l’OMS.

‎Dans un pays où certaines zones ont un accès limité aux soins, cette collaboration est importante pour améliorer le dépistage et la prise en charge.

‎Pour rappel, la République démocratique du Congo s’est fixé un objectif ambitieux : éliminer la tuberculose d’ici 2035. Mais pour y parvenir, la lutte doit dépasser le cadre médical.

‎« La lutte contre la tuberculose ne doit pas être seulement médicale, mais globale, avec l’implication de tous les secteurs », conclut le docteur Byamungu.

‎Les autorités, professionnels de santé, partenaires et communautés sont appelés à unir leurs efforts pour un avenir sans tuberculose.

‎Par Patricia Mabasa