30/07/2026

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‎Bagira : six enfants égarés depuis janvier, la société civile tire la sonnette d’alarme

Les acteurs sociaux de Bukavu, particulièrement dans la commune de Bagira, expriment une vive inquiétude face à la recrudescence des cas d’enfants égarés depuis le début de l’année 2026. Ils appellent les autorités locales et les parents à assumer pleinement leur rôle de protection.

‎https://youtu.be/z1HNyUmxfMU?si=LaciYtckoM3T7XWj

‎Depuis janvier, les cadres de base de Bagira ont enregistré environ six cas d’enfants âgés de 10 à 11 ans retrouvés errants dans les rues, souvent à la tombée de la nuit. Blaise Musole, analyste social et membre de la société civile, confirme : « Depuis le mois de janvier 2026 jusqu’à maintenant, on a déjà répertorié six cas. Cela fait en moyenne un enfant égaré par semaine dans la commune de Bagira », révèle-t-il.

‎Des enfants issus de familles déplacées et vulnérables

‎Selon Musole, la majorité de ces enfants proviennent de familles ayant fui l’insécurité dans les territoires voisins. Installées à Bukavu, ces familles se retrouvent confrontées à une précarité socio-économique qui pousse les enfants à chercher des activités rémunératrices pour subvenir à leurs besoins.

‎Mais le soir, ces jeunes, peu habitués à leur nouvel environnement, peinent à retrouver leur domicile :   « Ces familles, venues des villages pour fuir l’insécurité, se heurtent ici à une situation très compliquée. Les enfants cherchent de quoi manger, mais finissent par se perdre », explique-t-il.

‎Le problème ne concerne pas uniquement les déplacés. Même des enfants issus de familles installées depuis longtemps à Bukavu se retrouvent égarés. Face à cette situation, Blaise Musole appelle à une vigilance accrue :

‎« Nous alertons l’opinion, surtout les parents, à bien surveiller le mouvement de leurs enfants. Ils courent plusieurs risques, comme la noyade ou l’enlèvement. Les autorités doivent aussi mettre une pression sur les parents, car elles ont la charge de protéger les enfants », insiste-t-il.

Un contexte scolaire paradoxal

‎Ce phénomène survient alors que toutes les écoles de Bukavu fonctionnent normalement, malgré les conflits armés persistants dans la province du Sud-Kivu. Une contradiction qui souligne l’urgence d’une réponse collective pour protéger les enfants, qu’ils soient déplacés ou résidents.

 

 

Par Prosper Mubambwe