04/10/2026

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Accès à l’information : quand les difficultés d’accès aux autorités compliquent le travail des journalistes .

 À l’occasion de la Journée internationale de l’accès universel à l’information, célébrée chaque 28 septembre, les professionnels des médias mettent en lumière les difficultés auxquelles ils sont confrontés dans l’exercice de leur métier, notamment l’accès aux sources officielles.

 

Dans l’Est de la République démocratique du Congo, les journalistes font face à plusieurs obstacles pour obtenir des informations auprès des autorités. C’est ce qu’a relevé Toyi Mirefu Theodor membre du consortium Media for Peace, lors d’un entretien réalisé dans le cadre de cette journée consacrée au droit d’accès à l’information.

Selon lui, l’une des principales difficultés réside dans les procédures administratives imposées pour accéder aux autorités. Le s journalistes doivent parfois solliciter des audiences, envoyer des lettres officielles ou des demandes d’interviews et attendre plusieurs jours avant d’obtenir une réponse.

« Pour avoir les informations auprès des autorités, il faut d’abord les autorisations, aller faire des audiences, attendre pendant longtemps ou envoyer des lettres et des demandes d’interviews », explique-t-il.

À cette difficulté s’ajoute la réticence de certaines autorités à communiquer des informations considérées comme sensibles, stratégiques ou relevant du secret d’État. Une situation qui, selon cet acteur des médias, complique le travail journalistique et limite l’accès du public à certaines informations d’intérêt général.

Le recoupement pour pallier l’absence de sources officielles

Lorsque les sources officielles ne sont pas accessibles, les journalistes sont contraints de multiplier les sources afin de vérifier les informations avant leur diffusion. Le recours à d’autres médias, aux experts et au monitoring sur Internet fait notamment partie des méthodes utilisées.

Toyi Mirefu Theodor cite notamment la triangulation ou le recoupement des informations, qui consiste à confronter plusieurs sources pour parvenir à une information jugée suffisamment fiable.

« On fait recours à plusieurs sources pour quand même atteindre une information qui est plus ou moins fiable », précise-t-il.

Les experts peuvent également être sollicités lorsque les autorités ne sont pas disponibles. Toutefois, cette situation présente des limites, notamment lorsque les journalistes ne disposent pas d’une source officielle permettant de confirmer certains faits.

Dans ce cas, certaines informations sont mises en attente afin d’éviter de diffuser des données non vérifiées.

« Il y a des informations que nous faisons taire parce qu’on n’a pas de sources fiables. On arrête carrément d’en parler, tout en attendant que les autorités viennent confirmer ou donner leur version des faits », explique-t-il.

À l’occasion de cette Journée internationale de l’accès à l’information, il rappelle également l’importance du droit à l’information pour les journalistes et les communautés.

Il souligne que la Constitution de la République démocratique du Congo reconnaît notamment les libertés d’opinion, de parole et d’expression, ainsi que le droit d’informer et celui des communautés à être informées.

Dans le contexte particulier de l’Est du pays, marqué par des enjeux sécuritaires et la crainte de certaines personnes de communiquer publiquement des informations, l’accès aux sources demeure toutefois un défi pour les professionnels des médias.

Pour les acteurs du secteur, l’amélioration de l’accès aux sources officielles contribuerait à renforcer la qualité du travail journalistique, la fiabilité de l’information et le droit des citoyens à être informés.

Cette Journée internationale de l’accès universel à l’information constitue ainsi une occasion de rappeler que l’accès à une information fiable, vérifiée et accessible demeure un élément essentiel du fonctionnement des médias et de la société.