À la veille des derniers hommages au souverain pontife, la rédaction de Freemedia a rencontré le Révérend Père Bernard Ugeux, de la congrégation des Missionnaires d’Afrique, ce vendredi 25 avril 2025. Ayant eu l’honneur de concélébrer une messe dans la chapelle privée du Vatican avec Sa Sainteté le Pape François, il y a cinq ans, le Père Bernard nous a livré un témoignage émouvant sur l’héritage du Saint-Père. Un héritage centré sur la construction de la paix dans le monde entier, avec une attention particulière pour la RDC, l’un des plus grands pays catholiques, où la quête de la paix reste cruciale.
Ayant reçu avec douleur et désolation la nouvelle de la mort du deux cent soixante-sixième pape de l’histoire de l’Église catholique, le Révérend Père Bernard Ugeux, de l’archidiocèse de Bukavu, ressent profondément cette perte.
Cette douleur est palpable. Un jour à peine avant la cérémonie d’enterrement du pape François, le père Bernard Ugeux, de la congrégation des missionnaires d’Afrique, reste anéanti par cette nouvelle.
Nous sommes partis à sa rencontre dans la chapelle communautaire située à l’extrémité de la ville de Bukavu, près de la frontière de Ruzizi I. Assis devant l’autel, ses mains posées fragilement sur les genoux, son regard tourné vers une image du défunt pape François à l’intérieur de la chapelle, il affichait des signes de recueillement et de tristesse.
Il n’arrive pas à accepter la disparition d’un pape qu’il avait rencontré et avec qui il avait échangé personnellement et concélébré une messe au Vatican de son vivant, cinq ans auparavant.
« Pour moi, le départ du Saint-Père est quelque chose qui m’a beaucoup touché, car je l’ai rencontré il y a cinq ans et j’ai pu concélébrer la messe avec lui dans sa chapelle privée. Après la messe, nous avons parlé ensemble, je lui ai expliqué le travail que je fais avec les femmes et les filles victimes de violences ici à Bukavu depuis 15 ans. Quand j’ai parlé de ça, il m’a pris les bras à deux mains, et puis m’a demandé si je connaissais Joséphine Bakhita, qui est une Soudanaise qui était esclave et qui est devenue religieuse. J’ai acquiescé, puis il m’a encouragé. Il était très, très sensible aux gens fragiles et victimes des violences, mais aussi à l’engagement de l’Église auprès des plus petits », témoigne-t-il.
Après son témoignage dans la chapelle, Bernard se dirige de l’autre côté, tout près du lac, pour rafraîchir son cœur meurtri. C’est là qu’il nous a parlé de sa mission, de sa chance d’avoir rencontré le Saint-Père, et nous a également relaté la vie de François. Pour lui, le pape François a laissé un message fort aux puissants du monde, pour l’Afrique et la RDC en particulier : la paix.
« On ne résout aucun problème avec les armes, ce n’est que quand on se parle. Tôt ou tard, nous devrons nous asseoir à la table des discussions. Nous le voyons dans ce que nous vivons ici : les armes n’ont rien résolu. Bien sûr, ici à Bukavu et à Goma, on se tire dessus, mais nous qui sommes ici, nous disons : les armes n’apporteront pas la solution. Il faut que l’on s’assoie, que l’on se parle, que l’on se respecte et que chacun voie ses droits respectés. Nous, comme chrétiens, nous devons toujours être des personnes de dialogue et de respect des droits, et refuser la violence », plaide-t-il.
Il appelle le nouveau pape, qui sera élu, à avoir le même souffle évangélique et le souci des pauvres qu’avait le pape François.
Par Prospèr Mubambwe

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