13/05/2026

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Bukavu: des organisations humanitaires locales s’inquiètent de l’avenir des déplacés dans la ville

Les déplacements massifs de réfugiés vers la ville de Bukavu, consécutifs aux affrontements entre les troupes de l’AFC/M23 et les Wazalendo dans les zones périphériques, ont un impact négatif sur la vie socio-économique des familles d’accueil. Plusieurs organisations humanitaires locales tirent la sonnette d’alarme face à cette situation préoccupante.

La crise humanitaire devient de plus en plus incertaine et complexe dans plusieurs coins de la province du Sud-Kivu. Depuis l’occupation de Bukavu par les troupes de l’AFC/M23 en février dernier, des affrontements ont éclaté dans les environs, notamment à Kaziba, Nyangezi, Burhale (territoire de Walungu), ainsi qu’à Katana, Kavumu, Mudaka, Kagabi, Cirunga, Bugobe et Nyatende (territoire de Kabare). Ces violences ont entraîné un exode massif des populations, en quête de sécurité et de paix. Certains se sont réfugiés dans des villages réputés calmes, d’autres ont rejoint la ville de Bukavu pour trouver refuge auprès de leurs proches.

Dans une ville déjà fragilisée par une situation socio-économique alarmante, les familles hôtes sont contraintes d’héberger ces déplacés, souvent dans des conditions précaires. L’avenir de ces foyers semble compromis. Comment répondre aux besoins de ces personnes ? Pour combien de temps ? Ces questions restent sans réponse.

Face à cette incertitude, plusieurs organisations humanitaires locales tentent d’apporter des solutions durables pour les familles déplacées et celles qui les accueillent. C’est le cas de Solidarité Féminine contre la Pauvreté (SOLIFEM), dont le coordonnateur, John Bashige, s’insurge:

 « La situation est grave. Depuis plus de cinq mois, des personnes déplacées vivent en ville, fuyant les violences dans leurs villages. Sans toit, elles traversent une période difficile. Ces déplacés représentent aussi une charge lourde pour les familles d’accueil, déjà touchées par la pauvreté ambiante à Bukavu. »

Selon lui, le non-accompagnement de ces personnes pourrait engendrer des « bombes à retardement » pour la société et mettre en péril la sécurité:

« Il faut s’attendre à tout si rien n’est fait. Encadrer ces déplacés est une mesure préventive indispensable pour éviter le pire. »

Enfin, il adresse un appel pressant aux organisations humanitaires disposant de moyens:

« Si cela est possible, ces organisations devraient envisager la création de camps pour déplacés, ne serait-ce que pour soulager les familles d’accueil. »

Par Prosper Mubambwe et Lydia Bayoya

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