La Convention relative aux droits de l’enfant n’est pas respectée en République Démocratique du Congo, particulièrement dans la province du Sud-Kivu, où de nombreux enfants sont contraints aux travaux forcés et abandonnent l’école. Ce constat alarmant a été établi par notre rédaction ce mardi 19 août 2025.
Tout être humain de moins de 18 ans est considéré comme un enfant et mérite un soutien ainsi qu’une protection particulière, car il n’a pas encore achevé son développement physique et mental. Pourtant, dans les rues du Sud-Kivu, il est courant de voir des enfants transporter de lourds fardeaux, exercer des travaux pénibles ou vendre des produits en tant que marchands ambulants.
Une violation flagrante des droits fondamentaux
L’article 19 de la Convention relative aux droits de l’enfant stipule que:« Chaque enfant doit être protégé contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalité physique ou mentale, d’abandon ou de négligence, de mauvais traitements ou d’exploitation, y compris des violences sexuelles venant de son entourage ou de toute personne qui voudrait lui faire du mal. »
Malgré cette disposition, certains enfants au Sud-Kivu ont abandonné l’école pour aider leurs parents ou simplement survivre. Orphelins ou issus de familles en détresse, ils se retrouvent dans des carrières minières, des bars comme plongeurs, voire dans des situations de prostitution. D’autres deviennent porteurs de charges lourdes dans les marchés ou les rues.
Une législation ignorée
La loi congolaise interdit formellement à tout employeur personne physique ou morale d’occuper des enfants à des travaux excédant leurs forces, les exposant à des risques professionnels élevés ou portant atteinte à leur moralité.
Les articles 9 et 10 du Code du travail congolais précisent:
« L’affectation des enfants des deux sexes âgés de moins de 18 ans au transport manuel régulier de charges est interdite. »
– « Les enfants de 16 à moins de 18 ans ne peuvent porter, traîner ou pousser, à l’intérieur ou à l’extérieur du lieu de travail, des charges allant de 15 à 250 kg. »
Sanctions encourues par les employeurs
Les employeurs qui violent ces dispositions s’exposent à des sanctions sévères:
Sanctions pénales
– Amendes proportionnelles à la gravité de l’infraction
– Peines d’emprisonnement en cas d’exploitation ou de travail dangereux
– Responsabilité pénale aggravée pour les pires formes de travail (exploitation sexuelle, traite, esclavage)
Sanctions administratives
– Suspension ou retrait de licence
– Fermeture temporaire ou définitive de l’établissement
L’enfant, en tant que personne vulnérable, mérite une attention particulière. Pourtant, certains vivent dans des conditions où leurs droits sont quotidiennement bafoués par des adultes. Ces derniers, chacun dans son domaine de compétence, devraient prendre en considération la protection de l’enfance, faire respecter ses droits fondamentaux et assurer son avenir.
Il est primordial que chacun s’approprie la Convention relative aux droits de l’enfant et œuvre pour sa mise en œuvre intégrale.
Rappelons que la famille est l’unité fondamentale de la société et le milieu naturel pour la croissance et le bien-être de tous ses membres, en particulier les enfants. Elle doit veiller à leur protection, leur offrir un environnement salubre, un accès aux soins médicaux, une alimentation saine, un habillement décent et un logement conforme aux normes minimales.
Par Linda Batumike

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