La RDC est confrontée à plusieurs problèmes dont le plus criant actuellement est la guerre menée par les terroristes du M23, soutenus par l’armée rwandaise. De nombreux Congolais se demandent à quand cette décadence prendra fin. Sur le terrain, on constate que les rebelles gagnent du terrain, une grande partie du Nord-Kivu étant déjà sous leur contrôle. Curieusement, après un sommet avorté à Luanda entre Félix Tshisekedi et Paul Kagamé, l’Union Européenne appelle encore à un cessez-le-feu.
La réaction de l’Union Européenne ne serait-elle pas une distraction pour le gouvernement congolais, qui pourrait avoir placé beaucoup d’espoir dans ces déclarations ?
De nombreux citoyens de la République démocratique du Congo ne cessent de manifester leurs inquiétudes, tandis que d’autres gardent espoir. Maître Adolphe KILOMBA, analyste sur les questions de la bonne gouvernance, estime que la résolution pacifique est la seule issue.
Selon lui, la RDC fait face à d’énormes défis, notamment la guerre imposée à l’Est par les terroristes du M23 soutenus par le Rwanda. Pour y remédier, il faudrait une réforme profonde de notre système étatique, qui mettrait en avant la cause sociale.
Il ajoute : « Quelle que soit la situation que nous traversons aujourd’hui, la RDC restera un pays voisin du Rwanda. De nombreux éléments naturels unissent nos deux pays. C’est pourquoi ce problème doit être résolu pacifiquement. La paix durable se construit par le dialogue. Toutes les parties en conflit doivent se mettre d’accord et discuter, car elles sont appelées à vivre ensemble pour toujours. Aucun pays ne changera d’adresse. La RDC ne quittera pas la place qu’elle occupe et le Rwanda non plus. Et les deux peuples, depuis toujours courtois, vivent ensemble. S’il y a des problèmes, ils doivent être résolus pacifiquement. On parle du cessez-le-feu, oui parce qu’il permet de maintenir les populations chez elles et il diminue la crise humanitaire. »
Le conflit ayant duré près de trois décennies, le médiateur mis en place par l’Union Africaine, le président angolais João Lourenço, doit être soutenu pour qu’il atteigne l’objectif de sa mission. Maître KILOMBA insiste :
« Le problème qui se pose aujourd’hui date de 1994, avec le génocide au Rwanda. Depuis lors, la région des Grands Lacs est plongée dans des conflits. Il faudra continuer à échanger pour que la paix règne dans la région et que nos deux États se concentrent sur le développement, le commerce transfrontalier et la libre circulation des personnes et des biens. »
Rappelons que les tensions entre la RDC et le Rwanda ne cessent de monter depuis environ quatre ans, en raison de la résurgence de la guerre menée par les terroristes du M23, soutenus par l’armée rwandaise.
Prosper MUBAMBWE

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