La ville de Bukavu marquée par les cicatrices de l’occupation par l’AFC/M23, la célébration habituelle de la Journée du Travail, ce 1er mai 2025, a laissé place à l‘inactivité forcée des travailleurs. Face aux fermetures d’entreprises, publiques comme privées, la résilience des travailleurs s’impose.
Loin des festivités coutumières, la rédaction de Freemedia a croisé le chemin de Pierre Mbanza sur le boulevard Emmery Patrice Lumumba. Autrefois employé de la Bralima, Pierre est aujourd’hui taximan. Son histoire est un écho des bouleversements qu’a connus la ville, notamment les scènes de pillage qui ont précédé l’occupation de Bukavu par le M23 en février.
« J’étais agent à la Bralima, mais depuis l’arrivée de l’AFC/M23 et le pillage de l’entreprise, elle a fermé ses portes il y a déjà trois mois. La Bralima a fermé, et nous, nous n’avions plus rien à faire. » nous a confié.
Pourtant, face à cette inactivité forcée, Pierre a choisi de ne pas se laisser abattre. « Je ne peux pas rester à la maison malgré la fermeture de la Bralima. J’ai une famille, et autres responsabilités. Rester les bras croisés n’est pas une option pour moi. Alors, je me suis lancé dans le taxi. La situation est difficile, mais au moins, je parviens à trouver de quoi subvenir aux besoins de mes enfants. » explique t-il.
Son témoignage est un appel à la résilience pour d’autres travailleurs confrontés à la même situation. « Je demande aux autres de ne pas rester chez eux parce que leurs entreprises ont fermé. Il faut être résilient et chercher d’autres moyens de faire vivre nos familles en attendant que la situation se rétablisse. »insiste-t-il.
« La fermeture brutale de certaines entreprises met en difficulté de nombreuses familles dans la ville. Les nouvelles autorités devraient envisager des solutions pour la reprise des activités ».
Par Mitterrand Rukozo

More Stories
Bukavu : après le glissement de terrain, les ponts provisoire de Bugabo inquiète
Kabare-Kinshasa : une femme candidate pour porter la voix de l’UDEZOKA
Bukavu : des enfants dans la rue, un phénomène inquiétant