La cessation des hostilités et la mise en place d’actions sociales pour soulager les populations du Nord et du Sud-Kivu, durement touchées par la guerre entre les troupes de l’ AFC/M23 et les forces loyalistes du gouvernement de la RDC, pourraient être les impacts visibles des déclarations de Doha et de Washington. C’est ce qu’affirme Désiré Ntayira, coordonnateur du Caucus des Communicateurs Républicains (COREP), lors d’un entretien accordé ce jeudi 1er mai 2025.
Le conflit à l’Est de la République Démocratique du Congo a pris une ampleur inquiétante, notamment après l’ occupation de Goma et Bukavu, deux grandes villes de la région. Face à cette crise, le gouvernement de Kinshasa n’a vu qu’une seule option, engager un dialogue avec l’AFC/M23 afin de contrer la guerre, malgré le pessimisme initial entourant cette démarche.
Les déclarations de Doha et de Washington ont marqué une avancée diplomatique, avec deux accords distincts:
– L’un entre le gouvernement congolais et l’AFC/M23,
-L’autre entre les gouvernements rwandais et congolais, signé par leurs ministres des Affaires étrangères.
Des déclarations signées, mais une paix encore incertaine.
Après la signature de ces engagements, les réactions des acteurs socio-politiques de la RDC n’ont pas tardé. Pour Désiré Ntayira, » il ne suffit pas de signer les déclarations : seule leur application concrète pourra apaiser une population meurtrie depuis des années. Si on applique ces déclarations, la population se sentira considérée. Il faut éviter de faire profiter certains tout en écartant les autres. La fin de la guerre est la priorité, suivront ensuite les actions sociales. » indique t-il
Néanmoins, il regrette que les armes n’aient pas encore cessé de crépiter sur les lignes de front, malgré les accords. Il interpelle les parties prenantes à faire preuve de retenue :
« Pourquoi signer des accords de cessation des hostilités alors que les combats continuent ? Que ce soit les membres de l’AFC/M23 ou du gouvernement, tous sont Congolais. Pourquoi tuer un peuple qu’on prétend diriger ? Pourquoi lui infliger des souffrances ? Pourquoi détruire un pays qui vous a vu naître ? » se demande t-il.
Pour Ntayira, la seule véritable priorité reste la paix, indispensable au redressement du pays.
« Vis-à-vis de la situation actuelle, la paix reste la priorité des priorités. »
Prospèr Mubambwe

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