« Être gaucher ne doit plus être source de moquerie ou de stigmatisation, mais reconnu comme une simple variation naturelle. »
Chaque 13 août, le monde célèbre la Journée internationale des gauchers. Cette date vise à sensibiliser le public aux réalités vécues par celles et ceux qui utilisent préférentiellement leur main gauche, et à déconstruire les préjugés qui entourent encore cette particularité.
Dans de nombreuses cultures, l’usage de la main gauche est encore perçu comme une réalité inacceptable .
Pourtant, selon Serge Ombeni, psychologue clinicien, il s’agit simplement d’un fonctionnement naturel du corps humain. « L’être humain est constitué de deux hémisphères cérébraux. Le gauche contrôle la main droite, et le droit contrôle la main gauche. Si une personne est gauchère, cela signifie simplement que l’hémisphère droit est dominant. Ce n’est ni un défaut ni une maladie », explique-t-il.
Les gauchers possèdent les mêmes capacités intellectuelles et physiques que les droitiers. Certains présentent même des qualités spécifiques, comme une créativité marquée, une pensée plus flexible ou une capacité à trouver des solutions originales. Leur écriture, parfois jugée différente, peut également être perçue comme un signe d’originalité.
Malheureusement, dans certains contextes, cette réalité reste mal comprise. Dans certaines écoles ou familles, il arrive encore qu’un enfant soit forcé à utiliser sa main droite pour écrire ou manger.
« Corriger un gaucher contre sa nature peut provoquer de la frustration et, dans certains cas, un choc émotionnel. Chez l’enfant, cela peut aller jusqu’à un mutisme pathologique, un silence causé par un traumatisme », averti t-il.
Pour le psychologue, la solution réside dans l’éducation et la sensibilisation. Les parents, enseignants et éducateurs doivent comprendre que la préférence manuelle n’est pas un choix conscient, mais une expression naturelle du fonctionnement cérébral.
« Il faut laisser l’enfant utiliser sa main naturellement. Respecter sa main gauche, c’est respecter son développement et sa personnalité », insiste-t-il.
En célébrant cette journée, il s’agit aussi de promouvoir la diversité humaine dans toutes ses formes.
Par Christel Safari

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