27/06/2026

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Bukavu: les femmes aux visages pleins de détermination brisent les mythes en mécanique

Malgré les défis traversés, la motivation des jeunes femmes brise les mythes dans la mécanique. À la découverte de ces braves femmes, ce jeudi 04 septembre 2025, au Centre d’Apprentissage Professionnel et Artisanal (CAPA) dans la ville de Bukavu. Elles nous ont parlé de leurs intentions et de leur détermination.

Dans un bruit vespéral de métaux, les femmes aux visages pleins de détermination construisent leur destin. En milieu de plusieurs hommes, dans la soudure, la peinture et la mécanique, elles réalisent les métiers jadis appelés « métiers dits d’hommes ». Sans complexe ni peur, elles sont là matin, midi et soir en plein travail. Si pour certaines c’est un lieu d’apprentissage, pour d’autres c’est un endroit de service. C’est le cas de Bora Makombe Francine, une jeune femme au parcours technique ambitieux et chargé, après l’obtention de son diplôme d’État en « commerciale administrative », à en croire ses témoignages.

Malgré une fatigue accablante due aux rudes activités journalières constituées de réparations de véhicules couplées à l’encadrement des apprenants dans le centre, elle finit son travail entre quinze heures et seize heures. Frappée par une mélancolie liée à la faible présence des femmes dans la mécanique à Bukavu, Francine a dû se détourner du chemin universitaire pour relever les défis et répondre à sa passion:

« J’ai été motivée à faire la mécanique car c’est une branche où les femmes sont peu nombreuses. J’ai constaté qu’elles sont moins valorisées dans ce domaine, c’est pourquoi je me suis lancée pour montrer à l’opinion que les femmes sont aussi capables d’exécuter les métiers que font les hommes. À part ça, je suis passionnée de la mécanique », rassure-t-elle.

Quand le courage brise les défis

Étant donné que les donneurs de services préfèrent la main-d’œuvre masculine au détriment de celle féminine, Francine redouble d’efforts afin d’être compétitive face aux hommes et attirer l’attention des employeurs:

« Parfois, il nous arrive que nos patrons ne soient pas rassurés du travail fourni par les femmes. Parfois notre travail est sous-estimé par rapport à celui de nos collègues hommes, mais malgré tout, nous nous donnons à fond pour prouver le meilleur de nous-mêmes et, enfin, nous sommes acceptées », se réjouit-elle.

Et d’ajouter avec un ton ferme:

« Je me soumets et j’aime mon travail. Je me décide à faire de mon mieux pour être acceptée. L’endurance et le respect nous permettent d’avancer dans notre travail », déclare-t-elle.

La confiance comme sauvetage

En dépit de tous ces défis, les clients préfèrent la main-d’œuvre féminine, gage de confiance et de responsabilité:

« Avec les femmes, les clients sont rassurés, soi-disant que si une femme répare leur véhicule, il n’y aura pas de perte ou de changement de matériel dans l’engin », précise-t-elle.

« J’appelle les femmes à se plonger »

La femme étant le poumon de la nation, Francine rappelle aux femmes qu’elles doivent beaucoup à la nation:

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« Nous devons à la nation. Sans la femme, il n’y a pas de nation. »

Elle appelle vivement les femmes à s’engager, car tout métier est possible si la motivation est au rendez-vous:

« J’appelle les femmes à se plonger surtout dans les domaines soi-disant appartenant aux hommes. Il n’y a pas de travail pour hommes: nous pouvons tous faire la même chose qu’eux », appelle-t-elle.

Enfin, elle interpelle les autorités sur l’application de la résolution 1325 pour soutenir les femmes et les faire accepter dans tous les domaines:

« Qu’ils pensent à l’application de la résolution 1325 afin de mettre les femmes en avant dans tous les domaines. Ils doivent nous soutenir et nous accepter comme femmes, car nous aussi, nous pouvons », conclut-elle.

Par Prosper Mubambwe