La Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) a exprimé une vive inquiétude face à la recrudescence des massacres dans l’Est de la République Démocratique du Congo, notamment en Ituri et au Nord-Kivu, où des groupes armés continuent de semer la terreur dans l’indifférence apparente des autorités nationales.
Dans un communiqué publié le samedi 13 septembre 2025, la CENCO dénonce une série d’atrocités perpétrées au cours des deux derniers mois, attribuées aux milices CODECO, aux rebelles ADF et aux combattants de l’AFC/M23. Ces violences, qualifiées de « carnages quotidiens », ont fait des centaines de morts parmi les civils, souvent tués dans des conditions effroyables.
Parmi les événements recensés:
– Le 16 août 2025, à Bule (territoire de Djugu, Ituri), une attaque de CODECO a fait 5 morts, 4 blessés et incendié plusieurs dizaines de maisons.
– Du 19 au 20 août, la propédeutique Saint Kizito de Bunia a été violemment prise pour cible par les ADF, après une attaque similaire à Komanda, dans la paroisse Bienheureuse Anuarite, où plus de 40 fidèles ont été massacrés en pleine prière.
– Le 8 septembre, dans le village de Ntoyo (territoire de Lubero, Nord-Kivu), au moins 102 personnes ont été tuées par les ADF, certaines par balles, d’autres à coups de marteau. 16 maisons ont été incendiées, 8 motos et 2 véhicules emportés.
Face à cette hémorragie humaine, la CENCO déplore le silence du gouvernement congolais et l’inaction de la communauté internationale. Elle rappelle avec insistance que « la vie humaine est sacrée » et appelle à une mobilisation nationale et internationale pour mettre fin à ces atrocités.
« Ce qui se passe dans l’Est de notre pays est une tragédie qui ne peut plus être ignorée. Même les lieux de culte ne sont plus épargnés. Il est urgent que Kinshasa assume ses responsabilités », peut-on lire dans le communiqué.
La CENCO exhorte le gouvernement à redoubler de vigilance et à renforcer les dispositifs de sécurité dans les zones affectées. Elle appelle également les acteurs internationaux à sortir de leur passivité et à soutenir les efforts de paix dans cette région meurtrie.
Par Linda Batumike (stagiaire)

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