Dans une sous-région marquée par des tensions récurrentes, la paix reste un enjeu majeur pour les populations des Grands Lacs. Pour Maître Papy Kajabika, avocat au Barreau du Sud-Kivu, défenseur des droits humains et chef des travaux à l’Université Officielle de Bukavu, la paix est possible, mais elle passe avant tout par l’acceptation des différences et le renforcement de la cohésion sociale.
La paix, un concept sans définition figée.
Parler de la paix n’est jamais simple. « La paix est un concept flottant, sans définition carrée », explique Maître Kajabika.
Plutôt que de chercher une définition théorique, il invite à observer certains indicateurs concrets : l’absence de coups de feu, de déplacements forcés, de faim, de violences ou d’injustices. Lorsque ces éléments négatifs disparaissent, on peut alors parler d’un climat de paix relative.
Le conflit : une réalité humaine inévitable
À l’image de la paix, le conflit est difficile à cerner. Il peut se manifester de manière visible violences armées, déplacements de populations ou plus silencieuse, à travers le rejet, le manque de dialogue ou l’exclusion sociale.
Contrairement aux idées reçues, le conflit n’est pas toujours négatif.
« À partir du conflit, on peut construire la paix », affirme Maître Kajabika.
Lorsqu’il pousse les acteurs à se parler, à négocier et à chercher des compromis, le conflit peut devenir un point de départ vers une meilleure compréhension.
De la résolution à la transformation des conflits
Pour Maître Kajabika, éradiquer les conflits est illusoire.
« Tant que les êtres humains existeront, les conflits existeront aussi. »
La véritable approche consiste plutôt à transformer les conflits. Il s’agit de réduire leur caractère destructeur et de les orienter vers des solutions durables, à travers le dialogue et la négociation. La paix devient alors un processus continu, et non un état définitif.
Pourquoi les Grands Lacs sont une région à risques ?
Les conflits dans la région des Grands Lacs trouvent leurs origines dans plusieurs facteurs :
L’inégale répartition des ressources naturelles, les différences de développement économique, les divergences politiques et sociales, les déséquilibres démographiques et géographiques.
Ces différences, si elles ne sont pas gérées, alimentent les tensions.
Par Mitterrand Rukozo

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