Un remède culturel aux traumatismes de la crise.
La ville de Bukavu a vibré au rythme du rire, de l’art et de la résilience du 8 au 14 décembre 2025. La 8e édition du Festival Zéro Polémik s’est clôturée dans une ambiance chaleureuse, marquée par un message fort: la paix et la cohésion sociale sont possibles, même dans les zones affectées par les conflits.
« Depuis plusieurs années, on n’avait pas réussi à faire une semaine entière de spectacles. Le public de Bukavu ne nous a pas déçus », s’est réjoui Joyeux Kabojo, directeur du festival.
Bien plus qu’un simple événement culturel, le festival a été un espace de soutien aux initiatives de vivre-ensemble. Des artistes locaux et internationaux ont partagé la scène, apportant un souffle d’espoir à une population traumatisée.
Thomas, représentant de la Coopération suisse en RDC, a salué l’impact de l’événement:
« C’était magnifique. L’humour a réuni les nations. L’art et la culture sont des vecteurs puissants de cohésion sociale. »
De son côté, Madame Constance de Planta, cheffe de programme à la Coopération suisse, a souligné l’importance de maintenir ces espaces d’expression:
« L’humour permet d’aborder des sujets difficiles autrement. Il faut continuer, malgré le contexte. »
Le projet Kizazi cha Amani, soutenu par l’Union européenne et mis en œuvre par Alerte Internationale et Pole Institute, a profité du festival pour sensibiliser les jeunes à la paix et à la cohésion sociale, notamment dans les provinces du Nord et Sud-Kivu ainsi qu’au Rwanda.
« C’est exactement l’objectif de notre présence ici », a expliqué Claudine Mukoko, cheffe de projet chez Alerte Internationale.
Des artistes engagés, un public touché
Les artistes venus de divers horizons ont livré des messages à travers le spectacle. Ulrich Takham, humoriste camerounais, a lancé un appel pour la cohésion africaine :
« Nos autorités africaines doivent cultiver l’amour. C’est le seul moyen de dépasser la haine. »
Jojo la Légende, du Congo-Brazzaville, a encouragé les personnes vivant avec un handicap à briser les stéréotypes.
Le public, lui, est reparti le cœur léger. Madame Monique, venue de Goma, témoigne:
« Ce que j’attendais, je l’ai eu. Je me sens heureuse malgré ce que nous vivons à Goma et Bukavu. »
Placée sous le thème « Les survivants déridés », cette édition a rassemblé plusieurs communautés autour d’un objectif commun: panser les blessures par le rire, et bâtir la paix par la culture.
Par Théodore Toyi Mirefu




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