14/05/2026

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‎Bukavu entre marche citoyenne et ville morte: les petits commerçants paient le prix

La ville de Bukavu s’est réveillée dans un silence pesant est confuse. Les rues habituellement mouvementé étaient désertes, les marchés et boutiques fermés. Seuls quelques véhicules militaires et ambulances circulaient.

‎https://youtu.be/JqL5LOW1szM?si=8WUfha1wDdNVysNv
‎Suite à l’annonce d’une marche pacifique organisée par le Cadre de concertation provinciale de la société civile du Sud-Kivu, dans le cadre de la campagne citoyenne pour la paix à l’Est de la RDC. Une initiative saluée par certains, mais accueillie avec prudence, voire inquiétude, par une grande partie de la population.

‎Contrairement aux précédentes manifestations, notamment celles qui avaient précédé l’occupation de la ville par le mouvement armé AFC/M23, la mobilisation de ce jour a été timide. Dès l’aube, les habitants observaient les rues depuis leurs fenêtres, hésitant à sortir. Les grandes artères, de la place de l’Indépendance à la place de la Paix, offraient le visage d’une ville morte.

‎Les commerces, ont été les premiers à en subir les conséquences. Les marchés n’ont pas ouvert, les échoppes sont restées closes, et les vendeurs à la sauvette ont préféré rester chez eux, redoutant des débordements ou des pertes.

‎« Nous, les gagne-petit, on souffre en silence »

‎Pour les petits commerçants, cette journée a été synonyme de pertes sèches.
‎Janvier, vendeur de légumes au marché Feu Rouge, exprime son désarroi:
‎« Cette situation d’aujourd’hui nous touche énormément, nous les gagne-petit. Imaginez quelqu’un qui a acheté des tomates pour 10 000 francs, et d’un coup, il n’y a pas d’activités. Il n’a pas de stock à la maison. La vie devient intenable. Comme nous qui vendons du légume: si ça dépasse un jour, personne ne peut acheter le reste. »

‎Comme lui, des centaines de petits vendeurs, dépendants du commerce journalier pour nourrir leurs familles, ont vu leur quotidien bouleversé. Sans préavis, la journée s’est transformée en cauchemar économique.

‎Une marche sous haute surveillance

‎Malgré le climat de timidité, la marche a bien eu lieu. Vers 9 heures, à la place Muzihirwa, quelques dizaines de manifestants se sont rassemblés, encadrés par des hommes en uniforme postés à différents points de la ville. Parmi les participants figuraient des membres de la société civile, des représentants de l’AFC/M23. Des banderoles affichaient des messages de soutien à l’administration en place et des appels à la paix.

‎Une reprise timide, des inquiétudes persistantes

‎Ce n’est qu’aux alentours de midi que les premières activités ont timidement repris. Mais pour les petits commerçants, le mal était déjà fait. Beaucoup redoutent que ce genre de journées se répète, aggravant une précarité déjà pesante.
‎« On veut la paix, bien sûr. Mais il faut aussi penser à ceux qui vivent au taux du  jour. Une journée sans vendre, c’est une journée sans manger pour nos enfants », confie une vendeuse de beignets à Nyawera.

‎Alors que la ville tente de retrouver son rythme, une question demeure: comment concilier mobilisation citoyenne et survie économique des plus vulnérables?


‎Par Prosper Mubambwe


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