Depuis cinq ans, Bukavu vit une véritable métamorphose. La quasi-totalité des avenues et quartiers se sont convertis en espaces commerciaux, au point que la ville est désormais surnommée « magasin Alibaba ». Ce constat amer a été dressé par notre rédaction ce jeudi 26 février 2025.
Les quartiers résidentiels envahis
Le commerce ne connaît plus de limites. Même les quartiers dits résidentiels, comme les « quartiers IP », voient fleurir des étalages de marchandises, des bars et des bistrots. L’analyste social Jean-Mauro Tubibu tire la sonnette d’alarme : « La ville est inondée de boutiques, de marchés pirates, de restaurants et de cafétérias. Même les avenues résidentielles sont envahies. »
Pollution et nuisances sonores
Ce phénomène entraîne une multiplication des déchets, du bruit et une pollution croissante. Les avenues du Plateau, Fizi, Muhumba, Kalehe ou encore la commune de Bagira, jadis paisible, sont désormais saturées par cette activité commerciale.
Une « bourgeoisie analphabète »
Jean-Mauro Tubibu critique sévèrement cette tendance : « Les soi-disant boss importent des marchandises de partout et pensent que c’est tout ce qu’ils peuvent offrir à la ville. C’est une déviation, une bourgeoisie analphabète. »
Un besoin urgent d’innovation
Selon lui, Bukavu ne doit pas se limiter au commerce. La ville a besoin d’espaces modernes : salles de sport, parcs, bibliothèques, cinémas, lieux de réflexion et de convivialité. « Les jeunes ont besoin d’espaces de vie, les personnes âgées d’endroits calmes. Il faut une nouvelle créativité », insiste-t-il.
Des immeubles sans âme
Autre constat alarmant : la prolifération d’immeubles construits sans ascenseur, sans parking et sans toilettes. « C’est déplorable », souligne Tubibu, qui appelle à repenser l’urbanisme pour intégrer des espaces de convivialité, des stades de basket-ball ou volley-ball, et des salles de cinéma.

Par Linda Batumike


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