« Comment discuter la paix en l’absence des femmes et jeunes filles ? » C’est la question percutante posée par les organisations féminines et de jeunes filles du Nord et Sud-Kivu, réunies pendant trois jours pour analyser leur participation aux mécanismes de paix. Devant les médias ce mercredi 19 mars 2026 à Bukavu, elles ont dénoncé leur exclusion systématique des négociations, malgré leur rôle central dans la résilience et la reconstruction des communautés.
Ces organisations ont passé en revue les récents accords de paix, notamment ceux de Doha et Washington, et constaté qu’elles n’y figuraient ni de près ni de loin. « Le constat est frappant : beaucoup d’acteurs se chevauchent ou se complètent, mais les femmes et jeunes filles brillent par leur absence », ont-elles déploré d’une seule voix.
Les premières victimes, mais toujours écartées
Les participantes rappellent que les femmes et jeunes filles sont les premières victimes des conflits armés à l’Est de la RDC. Pourtant, malgré leur rôle majeur dans la survie et la reconstruction des communautés, elles restent exclues des salons où se discutent les accords de paix. « Notre participation n’est pas une faveur, mais un droit légitime, une exigence démocratique et une condition sine qua non pour une paix durable et inclusive », ont-elles martelé.
Appel au respect des engagements internationaux
Les organisations ont insisté sur l’application de la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui prône la participation effective des femmes à tous les niveaux des processus de paix. Elles ont également rappelé les conventions internationales contre la discrimination, qui obligent les États signataires à garantir l’inclusion des femmes dans toute leur diversité.
Elles dénoncent par ailleurs la mise à l’écart des lois internes censées protéger leurs droits et assurer leur intégration dans les mécanismes de paix.
Cette déclaration collective est intervenue lors de la clôture d’un atelier de lancement d’un projet de vulgarisation des accords et mécanismes de paix dans l’Est de la RDC lancé par Association des Femmes des Médias (AFEM) avec l’appui financier de KVINNA til KVINNA.
Les participantes ont réaffirmé leur détermination à faire entendre leurs voix et à exiger une place légitime dans les négociations, pour que la paix en RDC soit réellement inclusive et durable.
Par Mitterrand Rukozo
Nord et Sud-Kivu : « paix sans elles ? Impossible, les femmes et jeunes filles dénoncent leur exclusion des accords de paix

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