La construction d’une paix durable passe nécessairement par l’inclusion des femmes dans les processus de résolution des conflits. C’est ce qu’a rappelé Madame Josiane Nsibula, assistante en communication stratégique des organisations et de l’enseignement à l’Université Officielle de Bukavu, soulignant que « les femmes sont des clés de la paix durable ».
Selon elle, ignorer la dimension genre dans la gestion des conflits fragilise les efforts de consolidation de la paix. Pourtant, de nombreux obstacles continuent de limiter la participation des femmes aux mécanismes de prévention et de résolution des conflits.
« La plupart du temps, la femme est confrontée à des discriminations qui l’empêchent de s’exprimer pleinement », explique-t-elle. Parmi les principaux défis figurent les normes sociales restrictives, le faible niveau d’éducation, les violences basées sur le genre (VBG), l’exclusion politique ainsi que le poids des responsabilités domestiques.
Face à cette réalité, Madame Josiane plaide pour une approche genre dans la résolution des conflits. Celle-ci devrait notamment prendre en compte les besoins spécifiques des hommes et des femmes, garantir une participation équitable, valoriser le leadership féminin, promouvoir la justice sociale et renforcer la protection contre les violences basées sur le genre.
Abordant la question de la participation féminine à la résolution des conflits, elle constate que de nombreuses femmes considèrent encore les problèmes sociaux et communautaires comme une affaire exclusivement masculine.
« Certaines pensent que seuls les hommes doivent intervenir dans la gestion des conflits. Pourtant, ce n’est plus le cas. La femme a aussi son mot à dire et peut proposer des solutions capables d’aider la société à résoudre et à gérer pacifiquement les conflits », affirme-t-elle.
Pour elle, certaines perceptions héritées de la société continuent d’alimenter des inégalités, notamment l’idée selon laquelle certaines responsabilités doivent être exclusivement assumées par les hommes. Elle invite ainsi à reconnaître la valeur et les capacités des femmes et des hommes de manière équitable, sans sous-estimer l’un ni survaloriser l’autre.
S’agissant du rôle des femmes dans la cohésion sociale et la restauration de la paix, souligne qu’elles sont souvent à l’origine d’initiatives de médiation, de pacification et d’écoute à travers le dialogue communautaire.
Parmi les contributions majeures des femmes à la cohésion sociale, elle cite notamment le renforcement du vivre-ensemble, la promotion de la tolérance, l’éducation des enfants aux valeurs de paix ainsi que la solidarité communautaire.
« Les femmes sont naturellement touchées par les problèmes qui affectent leur communauté. Elles ne restent pas indifférentes face aux difficultés vécues par leur entourage et s’impliquent souvent dans la recherche de solutions favorisant la paix et la cohésion sociale », conclut-elle.
Par Mitterrand Rukozo

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