L’organisation Greenfaith Africa et l’ONG TRAFFED RDC (Travail en Réseau avec les Fédérations des Femmes et Enfants en Détresse) ont lancé officiellement le projet Africa Women of Faith in Energy (AWFE) ce lundi 13 avril 2026 à Bukavu. Cette initiative vise à amplifier la voix des femmes congolaises de foi dans la lutte pour la justice climatique et à promouvoir le développement des énergies renouvelables au sein des communautés.
Réunies autour de ce programme, des femmes issues de différentes confessions religieuses, des professeurs d’université et des acteurs de la société civile ont réfléchi ensemble sur les liens entre foi, justice et énergie. Les débats ont mis en lumière les impacts des combustibles fossiles sur le climat, la biodiversité et les moyens de subsistance locaux, tout en explorant les dimensions théologiques et sociales de la justice énergétique.
Les menaces des énergies fossiles
Les intervenants ont rappelé que le projet du gouvernement congolais de mettre aux enchères 30 blocs pétroliers et gaziers, y compris dans des aires protégées, constitue un défi majeur pour le respect des engagements climatiques. L’exploitation pétrolière, ont-ils souligné, menace directement la biodiversité et fragilise les communautés locales.
La voix des femmes de foi
Pour Meryne Warah, Directrice exécutive de Greenfaith en Afrique, ce programme doit permettre aux femmes croyantes de jouer un rôle central dans la mobilisation pour les énergies renouvelables. Elle a dénoncé le manque de considération des gouvernements et des exploitants envers les communautés locales, appelant à une approche inclusive et respectueuse.
De son côté, Solange Kasiba, coordonnatrice nationale du bureau de projet de la 8e CEPAC, a insisté sur la nécessité de multiplier les campagnes de sensibilisation, en particulier auprès des communautés rurales, où les femmes restent les plus exposées aux conséquences des combustibles fossiles.
Les impacts sanitaires
Alex Lina, professeur en sciences de l’environnement à l’Université officielle de Bukavu, a rappelé que plus d’1,5 million de décès sont liés chaque année à la fumée des combustibles fossiles. Les femmes et les enfants sont les principales victimes, souffrant de maladies respiratoires, de mortalité infantile et d’accouchements prématurés. Il a plaidé pour une sensibilisation accrue de la population.
Vers une transition inclusive
Monique Cirimwami, étudiante en biogaz et pétrole, a appelé les entreprises exploitantes à respecter les droits des communautés locales et à impliquer davantage les femmes. Elle a recommandé un partage équitable des bénéfices, à hauteur de 50 % avec le gouvernement congolais, ainsi qu’une meilleure valorisation de la main-d’œuvre locale.
Les activités de l’AWFE, prévues jusqu’au 17 avril, visent à créer des plateformes de plaidoyer communautaire pour les organisations religieuses et civiles. Une note d’orientation sera élaborée afin de promouvoir le désinvestissement des énergies fossiles et le financement des énergies renouvelables en RDC. L’objectif est de renforcer le lobbying et le plaidoyer des femmes africaines croyantes pour influencer les politiques locales, nationales et internationales en matière de transition énergétique.
Par Mitterrand Rukozo

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