Le Conseil Urbain de la Jeunesse (CUJ) de Bukavu a adressé, ce jeudi 4 juin 2026, une lettre ouverte au gouvernement de Kinshasa et à la coordination de l’AFC/M23. Dans ce document, la jeunesse de la ville dénonce la dégradation continue des conditions de vie des habitants, victimes collatérales des conflits armés et des rivalités politiques.
Selon le CUJ, Bukavu traverse « la période la plus difficile de son histoire ». Les circuits financiers et bancaires sont profondément perturbés, rendant quasi impossibles les transactions normales. Des milliers de familles peinent à accéder à leurs ressources, à développer leurs activités économiques ou à subvenir à leurs besoins essentiels.
Commerçants, entrepreneurs, fonctionnaires, jeunes diplômés et travailleurs de tous les secteurs voient leurs moyens de subsistance s’effondrer mois après mois.
« La résilience n’est pas la souffrance »
Junior Kamwele, président du CUJ, rappelle que la population n’a pas choisi la guerre et qu’elle n’en tire aucun bénéfice. « Une ville ne peut pas survivre sans circuit financier formel », insiste-t-il, appelant les autorités de Kinshasa à agir et l’AFC/M23 à faciliter l’ouverture de couloirs humanitaires
La lettre souligne également la difficulté d’accès aux territoires et villages qui constituent les principaux bassins agricoles de Bukavu. À cette crise alimentaire s’ajoutent de nouvelles inquiétudes sanitaires, liées à la fermeture des sources d’approvisionnement et aux risques épidémiques
Le Conseil Urbain de la Jeunesse formule plusieurs recommandations urgentes : La reprise progressive et sécurisée des activités financières et bancaires ; facilitation de la circulation des personnes, biens et denrées essentielles ; renforcement des dispositifs de prévention sanitaire et de protection des populations et accélération des initiatives de dialogue et de négociation de paix pour offrir une perspective crédible de stabilité durable.
Par Mitterrand Rukozo

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