Les organisations des jeunes appellent ONG et les bailleurs de fonds à changer leur regard sur les jeunes, en les considérant comme des partenaires capables de contribuer aux efforts de paix et au développement de leurs communautés. Trop souvent considérés comme des bénéficiaires ou des victimes des crises, ils revendiquent désormais une place plus importante dans la conception et la mise en œuvre des politiques de paix et de développement.
« Les jeunes ne sont pas seulement une population à protéger. Ils constituent aussi une force à mobiliser pour la paix. », insiste Pacifique Mushubusa, chef de programme à Youth for Peace DRC et modérateur de la Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité du Sud-Kivu.
L’activité, organisée par Together Charity and Peace, en partenariat avec Youth for Peace DRC, la Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité du Sud-Kivu et la Coopération suisse, était placée sous le thème : « Jeunesse et résilience communautaire : de l’engagement à l’action pour la paix, le développement durable et l’action humanitaire. »
Au-delà des discussions sur la résilience communautaire, les participants ont insisté sur la nécessité de mieux reconnaître les initiatives portées par les jeunes dans leurs communautés.
Pour Pacifique Mushubusa, chef de programme à Youth for Peace DRC et modérateur de la Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité du Sud-Kivu, les jeunes restent encore trop souvent perçus comme de simples bénéficiaires des projets.
« Les jeunes ne sont pas seulement une population à protéger. Ils constituent aussi une force à mobiliser pour la paix », rappelle-t-il.
Selon lui, de nombreuses initiatives menées par les jeunes sur le terrain restent peu visibles et insuffisamment prises en compte dans les politiques et programmes de paix.
« Il nous a été demandé de parler de la contribution des jeunes dans la consolidation de la paix. Nous avons essayé de montrer ce que les jeunes font sur le terrain. C’est un travail souvent non reconnu, souvent négligé aux niveaux national et international », explique-t-il.
La résolution 2250 comme cadre d’action
Pour les organisations de jeunesse, cette reconnaissance doit également passer par une meilleure implication des jeunes dans la conception et la mise en œuvre des programmes qui les concernent.
Pacifique Mushubusa cite notamment la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies, consacrée à la jeunesse, à la paix et à la sécurité, ainsi que son déclinaison au niveau provincial.
Il rappelle que la Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité du Sud-Kivu a contribué à l’élaboration d’un plan opérationnel provincial 2250, présenté aux autorités provinciales, avec l’objectif de voir les recommandations des jeunes davantage prises en compte dans les politiques publiques.
L’enjeu est aussi financier. Le réprésentant de Youth for Peace DRC appelle les bailleurs à faire davantage confiance aux organisations et plateformes de jeunes.
« Il faut rapprocher les deux couches pour essayer de briser les mythes et les préjugés et renforcer la collaboration entre jeunes et partenaires », estime-t-il.
Car, selon lui, une forme de méfiance persiste de part et d’autre : certains jeunes considèrent que les financements sont réservés à des réseaux déjà établis, tandis que certains partenaires estiment que les organisations de jeunesse ne disposent pas encore des capacités suffisantes pour gérer des financements importants.
La fragilité, un frein au développement
De son côté, Deogratias Bashige, chef de programme à la Coopération suisse, a insisté sur le poids de la fragilité dans les efforts de développement et de consolidation de la paix.
La faiblesse des institutions, les conflits internes, les difficultés de gouvernance et l’instabilité chronique figurent, selon lui, parmi les principaux facteurs qui fragilisent les communautés et rendent plus difficile l’accès aux services et aux besoins essentiels.
Dans ce contexte, la résilience communautaire apparaît comme un enjeu majeur, notamment dans une province comme le Sud-Kivu, régulièrement confrontée aux conséquences des crises et des conflits.
« Passer des bénéficiaires aux partenaires »
À l’issue des échanges, un appel a été lancé aux jeunes à davantage de sérieux, de responsabilité et de collaboration dans leurs initiatives.
L’objectif, selon les organisateurs, est de favoriser une nouvelle dynamique dans laquelle les jeunes ne seraient plus seulement considérés comme des bénéficiaires des programmes, mais comme des acteurs, des leaders et des partenaires dans la construction de la paix et le développement de leurs communautés.
Pour les participants, cette collaboration entre organisations des jeunes, acteurs communautaires, ONG nationales et partenaires financiers devra se poursuivre sur le long terme afin de renforcer la confiance et de donner davantage de visibilité aux initiatives portées par les jeunes.
Par Mitterrand Rukozo


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