Des décennies de conflits armés ont entraîné la mort de plus de 2 millions de civils. Selon les estimations de l’Organisation des Nations Unies (ONU), plus d’un million de femmes auraient été violées. Ces chiffres ont été publiés dans un rapport de l’ONU en février.
Selon les experts de l’ONU, les violences sexuelles liées au conflit sont souvent utilisées comme arme de guerre, en particulier par les groupes armés non étatiques, mais aussi par les forces armées et les forces de police congolaises. Le rapport évoque notamment le viol de 165 femmes détenues lors d’une évasion de la prison de Muzenze par des prisonniers masculins, dont la majorité a ensuite été tuée dans un incendie aux circonstances encore floues.

Ces violences, souvent utilisées comme une arme de guerre, sont enracinées dans le patriarcat et les stéréotypes sexistes, visant à punir les groupes rivaux et à inspirer la peur aux civils. Elles incluent le viol, le viol collectif, le viol de masse, l’esclavage sexuel, la grossesse forcée, le mariage d’enfants, le mariage forcé et la prostitution forcée.
Tous ces actes constitueraient souvent des violations du droit humanitaire et des droits de l’homme, et s’apparenteraient souvent à des crimes internationaux, y compris des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. Le Comité a exhorté l’État partie à adopter une stratégie globale pour éliminer les violences sexuelles et à travailler avec des partenaires internationaux pour prévenir et punir les violences sexuelles liées aux conflits.
Madame Solange Lwashiga, coordonnatrice du Caucus des femmes du Sud-Kivu, souligne que le travail mené par les défenseurs des droits humains, notamment en termes d’appui, est souvent réduit à néant par les guerres à répétition. Elle indique que les corps des femmes ont été transformés en champs de bataille depuis plus de 30 ans, avec des violences basées sur le genre commises sur les femmes.
« La femme est dans une situation intenable et ne sait plus à quel saint se vouer. Le travail des défenseurs des droits humains, notamment en termes d’appui, est souvent réduit à néant parce que les femmes victimes de viols, une fois soignées et réinsérées socialement et économiquement, subissent de nouvelles attaques, » indique-t-elle.
Et d’ajouter :
« La femme se voit dépouillée de tout ce qu’elle avait. La femme qui cultive, qui mène une activité économique, se trouve devant une situation critique horrible : ses enfants tués, ses filles violées. Les femmes dont les camps ont été détruits et qui sont déplacées subissent encore des violences et ne savent plus comment résoudre les problèmes.
La femme est dans une situation intenable à l’Est de la République Démocratique du Congo. Elle ne sait plus à quoi faire et se tourne vers la communauté internationale, mais malheureusement, ce sont des langages politiques » ajoute-t-elle.

La paix et la sécurité de la résolution 1325 comprennent l’appui à la création d’un fonds d’affectation spéciale multidonateurs, le soutien aux plans d’action pour la résolution des conflits, l’intégration d’une perspective sexospécifique dans les opérations de maintien de la paix et les réformes du secteur de la sécurité, la participation des défenseurs des droits des femmes aux processus de paix formels et aux processus de résolution des conflits, et le soutien à la participation des femmes aux processus humanitaires post-conflit.
Solange invite les femmes à faire preuve de bravoure, à comprendre ce qui leur arrive et à aller au-delà de soi.
Mitterrand Rukozo

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