Le Bureau de la Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu, a adressé une lettre au Directeur Général de la Direction Générale de Migration (DGM) pour dénoncer les conséquences dramatiques d’une récente circulaire n°06/DGM/DG/895/025 du 6 juin 2025, interdisant les compagnies de transport d’accepter des documents migratoires délivré par l’administration installer dans les zones occupés par l’AFC/M23.
Une décision jugée inadaptée au contexte sécuritaire de la région.
Dans cette lettre de doléance signé ce 30 juillet 2025 à Uvira. Le Bureau de la Coordination de la Société Civile dénonce cette mesure, bien que dictée par un souci de souveraineté nationale, a des effets ravageurs sur les civils pris au piège du conflit.
Indiquant que, les citoyens congolais se retrouvent ainsi bloqués à Bukavu, incapables de rejoindre Uvira sans devoir payer des sommes exorbitantes, risquer leur vie en traversant la rivière Ruzizi ou affronter des accusations de trahison en fonction de leur provenance. Ces obstacles sont causés par l’occupation de localités comme Kamanyola et Katogota par les rebelles du M23, qui interdisent tout mouvement sauf aux femmes et enfants mineurs.
Les malades et les étudiants congolais en sont victimes aussi
Par ailleurs, elle denonce le Burundi, allié diplomatique de la RDC, qui a également cessé de reconnaître les documents migratoires issus des zones rebelles, excluant de son territoire les Congolais concernés.
« Des malades chroniques de Bukavu privés de soins, des décès tragiques, des étudiants bloqués ou menacés d’expulsion, et des familles accablées. denonce le Bureau de la Coordination ».
« Privés d’accès aux banques et coopératives, certains Congolais se tournent vers le Rwanda pour ouvrir des comptes ou acheter des denrées. Un transfert économique à haut risque qui alimente l’insécurité alimentaire et sanitaire de la région.
Obtenir un passeport congolais la seule alternative reconnue s’avère un défi. Délivré uniquement à Kinshasa et à certaines ambassades, l’accès est limité. La transition entre fournisseurs ralentit le processus et plonge les demandeurs dans l’incertitude » lit-on dans cette lettre de doléance.
Le Bureau de la Coordination de Société Civile du Sud-Kivu exhorte les autorités à assouplir cette mesure, à garantir la sécurité des personnes et à relancer les initiatives de paix. Elle appelle également à plus de justice, de transparence, et de patriotisme de la part des élus du Sud-Kivu, dont le silence prolongé est dénoncé comme une forme d’abandon.
Le message est clair: « Nous n’avons qu’un seul pays que nous devons défendre jusqu’au bout. » Pour cela, la Société Civile appelle à une mobilisation collective pour sauver une population traumatisée, martyrisée mais résolument debout.
Par Mitterrand Rukozo

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