Autour du feu, dans l’ambiance chaleureuse de Kwetu Art Culture, ce vendredi 24 octobre 2025, Gervais Cirhalirwa, ancien rédacteur en chef adjoint du journal Masano témoin oculaire, a livré un témoignage sur le légendaire combat entre Mohamed Ali et George Foreman, tenu le 30 octobre 1974 au stade Tata Raphaël.
Surnommé « The Rumble in the Jungle », ce combat n’était pas qu’un affrontement sportif. Il incarnait une lutte symbolique, une affirmation de la fierté noire, et une vitrine diplomatique pour le Zaïre de Mobutu Sese Seko. Foreman, champion du monde en titre, affrontait un Ali en quête de rédemption après avoir perdu sa ceinture en 1967 pour avoir refusé le service militaire.
Ali, stratège hors pair, adopta une tactique d’encaissement, se protégeant tout en fatiguant son adversaire. Le cri populaire « Ali, boma ye! » « Ali, tue-le! » résonnait dans les gradins, galvanisant le peuple congolais.
Selon Gervais Cirhalirwa, Kinshasa s’est transformée en un centre culturel et politique temporaire du monde. Le combat fut précédé d’un festival musical réunissant des icônes comme James Brown et Miriam Makeba. « À cette époque, Kinshasa a réuni les grands musiciens du monde », rappelle-t-i.
Le report du combat au 14 octobre 1974, deux semaines avant la date initiale, a eu un impact financier significatif sur le budget national. Mais pour Mobutu, l’enjeu dépassait les chiffres: il s’agissait de montrer que l’Afrique pouvait accueillir un événement de classe mondiale.
Le stade Tata Raphaël, théâtre du combat, est aujourd’hui un symbole historique. Il accueille régulièrement des événements sportifs et culturels. « Ce combat a inspiré une génération de boxeurs africains, qui ont vu en Ali un modèle de réussite et de courage », témoigne Cirhalirwa.
En conclusion, Gervais Cirhalirwa a rendu hommage à son équipe rédactionnelle de l’époque, qui lui a permis de faire ses premiers pas dans le journalisme sportif. Il a rappelé que ce combat continue de résonner dans les rues, les esprits et les cœurs congolais.
Par Mitterrand Rukozo



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