Chaque année, le mois d’octobre est consacré dans le monde entier à la sensibilisation et à la lutte contre le cancer du sein. Une période symbolique appelée « Octobre Rose », qui vise à informer, prévenir et encourager les femmes mais aussi les hommes à s’impliquer dans cette cause de santé publique.
Pour en parler, la rédaction de FreeMedia a rencontré Madame Balemba Mweze Patricia, étudiante en dernière année de médecine à l’Université Catholique de Bukavu. Elle a partagé son regard sur les mythes et stéréotypes qui entourent encore le cancer du sein dans certaines communautés africaines.
« Dans plusieurs cultures, parler des seins reste un sujet tabou. Pourtant, il est temps de comprendre que le monde évolue et que la prévention passe d’abord par l’information », explique-t-elle.
Briser les mythes pour sauver des vies
Patricia Mweze rappelle que de nombreuses fausses croyances freinent encore la lutte contre la maladie.
Parmi les plus répandues :
• “Le cancer du sein ne touche que les femmes âgées.” Faux, répond-elle : « Les jeunes femmes peuvent aussi être concernées. Il est donc essentiel de connaître son corps et de consulter en cas d’anomalie. »
• “Si personne dans ma famille n’a eu de cancer du sein, je ne risque rien.” Faux : la majorité des cas apparaissent sans antécédents familiaux.
• “Une boule dans le sein signifie forcément un cancer.” Faux : certaines boules sont bénignes, mais seule une consultation médicale peut le confirmer.
• “Le dépistage est douloureux ou dangereux.” Faux : la mammographie peut être légèrement inconfortable, mais elle ne présente aucun danger et sauve des vies.
• Enfin, les hommes peuvent eux aussi développer un cancer du sein, car ils possèdent du tissu mammaire, rappelle-t-elle.
Prévention et comportements à adopter
Pour Patricia Mweze, la prévention passe par des gestes simples :
• le dépistage médical régulier,
• l’auto-palpation mensuelle,
• et, pour les femmes qui allaitent, la succion par le nourrisson, bénéfique pour le drainage mammaire.
Cependant, elle tient à corriger certaines croyances erronées :
« Certains pensent que la succion des seins par les hommes adultes pourrait prévenir le cancer du sein. C’est faux. Cet acte n’a aucun effet médical préventif ; il s’agit simplement d’une stimulation physique. »
L’espoir existe.
« Avoir un cancer du sein ne signifie pas que la vie est finie. Les cancers détectés tôt se soignent très bien. L’espoir existe », insiste-t-elle avec conviction.
La masculinité positive, un levier de solidarité.
« La lutte contre le cancer du sein n’est pas une affaire uniquement de femmes, mais une affaire de société. Les hommes ont un rôle essentiel à jouer par amour, par humanité et par responsabilité. Cela fait partie de la masculinité positive. »
Octobre Rose, c’est plus qu’une couleur : c’est un appel à la solidarité, à la prévention et à l’amour de la vie.
Par Cosna Muhigwa

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