13/05/2026

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‎Sud-Kivu: crise sécuritaire et salaires impayés, le quotidien des enseignants, un avenir éducatif compromis

La Journée nationale de l’enseignant, célébrée ce 30 avril 2026, a été marquée à Bukavu par une méditation profonde sur l’avenir de l’éducation. À cette occasion, plusieurs enseignants ont partagé leur quotidien, révélant les difficultés auxquelles ils font face dans un contexte de crise sécuritaire persistante.  

‎L’éducation fragilisée par la crise

‎Depuis l’occupation de la province du Sud-Kivu, l’éducation est confrontée à une série de défis sécuritaires, sanitaires, sociaux et économiques. Ces obstacles affectent directement la qualité de l’enseignement et compromettent l’avenir des enfants. Retards de salaire, fermeture des banques, déplacements forcés pour retirer de l’argent, braquages et pertes en vies humaines s’ajoutent aux traumatismes liés à la guerre et à la baisse de fréquentation scolaire.

‎Témoignages d’enseignants en détresse

‎Anatole Muzigirwa, enseignant et inspecteur à Kabare 1, n’a pas caché son désarroi :

‎« Nous avons commémoré cette journée dans la misère. Le gouvernement n’a pas envoyé nos salaires. Comment parler de gratuité totale à l’école primaire si l’État n’honore pas ses engagements envers les enseignants ? »  

‎De son côté, Gaston Mungaminwa Rex, enseignant au complexe scolaire Saint Israël 4, souligne la diminution du nombre d’élèves, particulièrement ceux venus des milieux ruraux :

‎« L’insécurité et le manque de moyens poussent les enfants à abandonner l’école. »  

‎Entre découragement et patriotisme

‎Malgré ces difficultés, certains gardent l’espoir. Jacques Nyakasane, inspecteur à à la sous-division Bukavu 1, insiste sur le patriotisme des enseignants :

« L’enseignant est un patriote. Malgré les péripéties de la vie, nous devons tenir, car les enfants que nous formons sont l’avenir du pays. » 

‎Il reconnaît néanmoins les traumatismes liés au coût de la vie et au salaire insuffisant, tout en restant optimiste quant à la réussite progressive de la gratuité scolaire.

‎Face à ces multiples défis, les enseignants du Sud-Kivu invitent leurs collègues à ne pas se décourager et à continuer de façonner l’avenir des enfants, malgré un contexte marqué par la guerre et l’instabilité.

‎Par Mitterrand Rukozo 

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