Deux mois se sont écoulés depuis que l’AFC/M23 a pris le contrôle de Bukavu, et au sein de la population du Sud-Kivu, un timide espoir commence à apparaître. Des acteurs socio-politiques locaux insistent sur la nécessité pour les nouvelles autorités de placer les besoins des habitants au cœur de leurs actions, même si la vie économique peine encore à retrouver son rythme.
Désiré NTAYIRA, coordonnateur du mouvement des Communicateurs Républicains (COREP), entrevoit une amélioration sur le plan économique avec la réouverture de la CADECO. Toutefois, il reconnaît que le quotidien reste difficile pour beaucoup, marqué par la fermeture des banques, un nombre réduit de travailleurs et un ralentissement général des activités économiques dû à la faible circulation de la monnaie.
« Ceux qui vivent au jour le jour sont les plus touchés par cette situation, » souligne-t-il.
Il compare cette période avec celle du RCD, où les gens avaient leur argent dans leurs poches, expliquant que l’immobilisation des fonds dans un système bancaire bloqué rend la situation actuelle particulièrement pénible.
« Les activités économiques tournent au ralenti, la vie n’est pas facile pour l’instant car l’argent ne circule pas, le système financier n’est pas pleinement opérationnel. Heureusement, avec l’ouverture de la CADECO, j’espère que ça va s’améliorer, » confie-t-il.
Sur le plan politique, Désiré NTAYIRA salue la mise en place des nouveaux responsables des entités territoriales décentralisées et des institutions provinciales par l’AFC/M23. Il les exhorte à travailler sincèrement pour le bien-être de la population et à se pencher sur leurs préoccupations, rappelant qu’aucun pouvoir ne peut exister sans le soutien du peuple.
« Nous souhaitons que les nouvelles autorités agissent dans un esprit de collaboration. Tout doit être fait dans l’intérêt de la population, car elle n’écoute que ceux qui concrétisent ses aspirations, » insiste-t-il avec conviction.
Cependant, Ntayira souligne qu’une action concertée entre les nouveaux dirigeants, les acteurs sociaux et la population demeure essentielle pour relever les défis sécuritaires persistants à Bukavu. Il met en garde contre la facilité de déstabiliser une ville et la complexité de rétablir la sécurité.
« Il est plus facile de semer l’insécurité que de la résoudre. Des personnes sont sorties des prisons, et certains civils pourraient détenir des armes cachées ici et là… C’est pourquoi la collaboration de tous est indispensable pour que ceux qui dirigent la ville travaillent efficacement sur cette question, » plaide-t-il.
Ce deuxième mois d’occupation a également été marqué par la nomination des responsables des entités territoriales décentralisées et des membres du cabinet du gouverneur par la hiérarchie de l’AFC/M23.
Parallèlement, le gouverneur nommé par l’AFC/M23, Emanuel Birato, a instauré plusieurs taxes de péage sur différents axes routiers, notamment Kazingo, Mugogo, Nyatende, Ruzizi 1 et 2, Kamanyola 1 et 2, Mushweshwe et Miti. Cette mesure intervient dans un contexte social tendu, où la population fait face à une augmentation constante des prix des produits de première nécessité.

Il est important de noter qu’après ces deux mois d’occupation, l’installation des animateurs des différentes ETD a eu lieu et une diminution de cas de corps sans vie et de justice populaire a été observé par rapport au premier mois.
Par Prosper Mubambwe

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