19/08/2026

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Kadutu: le marché de la Libération entre accès aux espaces et frais illégaux

Les bénéficiaires du marché de la Libération dénoncent les conditions d’accès aux espaces mis à leur disposition. Selon les témoignages recueillis auprès des vendeurs rencontrés ce mardi 13 mai 2025, dans la commune de Kadutu, la réalité sur le terrain diffère de celle annoncée.

 

 

Dans le but de lutter contre les marchés pirates, le bourgmestre de Kadutu a attribué une partie de l’espace appartenant à la Société nationale des chemins de fer du Congo (SNCC) aux vendeurs qui exposaient leurs marchandises au bord de la route. Cette mesure devait garantir une accessibilité gratuite à tous les concernés. Cependant, selon les commerçants, des frais non officiels leur seraient imposés pour l’attribution des emplacements.

Des frais opaques exigés pour obtenir un espace.

D’après les témoignages recueillis sur place, certains membres du comité mis en place exigeraient des paiements allant de 20 à 30 dollars américains pour accéder à un espace.

« Pour obtenir un terrain, on nous demande d’abord d’acheter un jeton à six mille francs congolais. Ensuite, avant même de pouvoir commencer à exposer nos marchandises, nous devons verser vingt dollars américains à certains responsables du comité », déplore une vendeuse rencontrée sur place.

Nos sources précisent que, malgré le paiement des six mille francs congolais pour obtenir un jeton, certaines personnes auraient déjà versé une somme supplémentaire pour confirmer leurs emplacements.

Par ailleurs, plusieurs bénéficiaires dénoncent la démolition de leurs étalages, qui seraient ensuite attribués aux plus offrants.

« Je suis arrivée au marché lundi et j’ai découvert mon étalage détruit. Lorsque je suis allée voir le comité en montrant mon jeton, on m’a demandé de payer trente dollars pour obtenir un nouvel emplacement. Je n’ai même pas un capital suffisant pour cette somme, » regrette une vendeuse.

Le bourgmestre dément les accusations

Interrogé à ce sujet, le bourgmestre de la commune de Kadutu, nommé par l’ AFC/M23, Byamungo Kazimiri, rejette en bloc ces accusations, affirmant que les vendeurs seraient instrumentalisés par des détracteurs.

Il précise également que la somme de six mille francs, précédemment exigée aux bénéficiaires, a été annulée, afin de faciliter l’accès aux espaces pour les requérants.

Appel à une intervention de l’autorité

Face à cette situation confuse, les vendeurs réclament une intervention urgente de l’autorité communales afin de garantir un suivi rigoureux de la mise en œuvre effective de ce projet, qui devait initialement leur bénéficier et permettre l’éradication totale des marchés pirates.

Par Christel Safari