La campagne « Notre Terre Sans Pétrole » a été officiellement lancée à Bukavu ce jeudi 26 juin 2025. Portée par des activistes environnementaux, elle s’oppose fermement à la mise en vente aux enchères des blocs pétroliers en République Démocratique du Congo. Elle appelle à un abandon de ces projets au profit d’alternatives énergétiques durables, tout en défendant les droits des communautés locales et la préservation de l’environnement.
Organisée lors d’une conférence tenue au Centre de Recherche Africain, la campagne alerte sur les conséquences néfastes de l’exploitation pétrolière et gazière : pollution, déforestation, conflits sociaux, et dégradation des terres. Les acteurs de la société civile environnementale pointent du doigt la menace que représentent ces projets pour les zones écologiquement sensibles, les territoires des communautés locales et les aires protégées.
« Ce projet constitue un recul majeur pour la lutte contre les changements climatiques »,ont dénoncé plusieurs organisations de la société civile engagées pour la protection de l’environnement.
Parmi les figures présentes, Darcin Basirwa, activiste pour la justice sociale et environnementale et membre du mouvement Save My World, a souligné que la campagne entend rappeler au gouvernement ses responsabilités. Il alerte sur l’implication d’entreprises étrangères accusées de pratiques irrégulières et plaide pour l’exploitation des nombreuses ressources alternatives dont dispose le pays.
« Le danger est double: violation des droits environnementaux et atteintes aux droits des communautés locales. Le gouvernement doit garantir l’accès à des énergies propres sans recourir systématiquement au pétrole », a-t-il déclaré.
Les entreprises concernées incluent notamment Symbion Power, Winds Exploration, Alfajiri Energy, Total Énergie, PARECCO, Trafugura, entre autres.
Autre voix engagée, Merlin Cizungu, activiste environnemental, a rappelé que la campagne milite aussi pour un accès équitable aux énergies renouvelables comme l’hydroélectricité ou le solaire. Ces sources d’énergie propres, souligne-t-il, offrent des avantages considérables pour la santé, l’agriculture et la qualité de vie des populations.
« Ce sont les communautés locales qui subissent les inégalités environnementales liées à l’exploitation du pétrole. Il est temps de garantir leurs droits, en particulier ceux des peuples autochtones », a-t-il martelé.
Cette mobilisation intervient alors que le gouvernement congolais a relancé, en mai 2025, un nouvel appel d’offres pour 55 blocs pétroliers, après l’échec du processus de 2022. Un choix critiqué par les défenseurs de l’environnement qui y voient une occasion manquée d’engager résolument la RDC sur la voie des énergies propres.
Par Mitterrand Rukozo

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