Bukavu a accueilli, du 13 au 17 avril 2026, le lancement officiel du programme Africa Women of Faith in Energy (AWFE), porté par TRAFFED RDC (Travail en Réseau avec les Fédérations des Femmes et Enfants en Détresse) à travers Greenfaith Africa. Cette initiative vise à amplifier la voix des femmes congolaises de foi dans la lutte pour la justice climatique et à promouvoir le développement des énergies renouvelables au sein des communautés.
Femmes et enfants, premières victimes
Lors des débats, les intervenants ont souligné que les femmes et les enfants sont les premières victimes des exploitations liées aux combustibles fossiles. Les discussions ont mis en lumière les impacts sur le climat, la biodiversité et les moyens de subsistance locaux, tout en explorant les dimensions théologiques et sociales de la justice énergétique.
Madame Solange Kasiba, membre de TRAFFED et coordinatrice de BUCOP CEPAC, a été présentée comme championne de Greenfaith RDC . Elle a décrit les conséquences économiques, sociales et biologiques de l’exploitation des combustibles fossiles sur les femmes : vulnérabilité accrue, marginalisation, exposition aux risques sanitaires, pauvreté et lourdes charges économiques. Elle a dénoncé les conflits et tensions sociales générés par ces exploitations.

Elle a également évoqué la dégradation des écosystèmes : déforestation, destruction des zones agricoles, perte de biodiversité et transformation des terres en carrières minières. Selon elle, ces impacts fragilisent directement les femmes et les enfants.
Une approche théologique

Le Pasteur Ibucwa Lipanda Jean-Pierre, organisateur de Greenfaith en RDC, a abordé l’intersection entre combustibles fossiles, théologie de l’énergie et justice climatique. Il a rappelé que l’humain est gardien de la création et que l’épuisement des ressources fossiles constitue une trahison d’un dépôt sacré. S’appuyant sur l’encyclique Laudato Si, il a qualifié la destruction de l’environnement de péché et l’usage immodéré du carbone d’idolâtrie de la croissance économique. Il a plaidé pour une transition énergétique juste, considérée comme une conversion spirituelle et un retour à l’équilibre.
Réseautage et déclaration commune
Le lancement a également permis de renforcer le réseautage entre organisations environnementales afin d’identifier les défis et coordonner les actions. L’activité s’est clôturée par une déclaration commune des femmes de foi, issues de différentes confessions religieuses.
Par Mitterrand Rukozo


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