Plusieurs mois après l’occupation de la ville par les troupes de l’AFC/M23, la spoliation clandestine des maisons et parcelles appartenant à l’État se poursuit à un rythme inquiétant, en dépit des mesures d’interdiction prises par les autorités locales nommées par le mouvement.
Un constat alarmant dressé par notre rédaction révèle que des espaces publics, autrefois non exploités ou abritant des services de la Police nationale, sont aujourd’hui le théâtre de constructions privées. Ces nouveaux bâtiments, souvent érigés à des endroits stratégiques de la ville, poussent à une vitesse soutenue, malgré l’arrêté signé en avril 2025 par Emmanuel Birato, premier gouverneur désigné par l’AFC/M23 au Sud-Kivu.
Des mesures ignorées
Alerté dès les premières semaines de l’occupation, le gouverneur Birato avait interdit formellement toute vente ou construction sur les biens de l’État. Une commission ad hoc avait été mise en place pour surveiller le respect de cette décision. Mais sur le terrain, les faits contredisent les intentions: les constructions se multiplient, et certaines maisons jadis occupées par des officiers des FARDC ou des figures politiques locales administratives sont démolies ou réaffectées.
Des expulsions déguisées
Dans plusieurs cas, des individus se présentant comme les « propriétaires légitimes » de ces biens publics apparaissent sur les lieux, sommant les occupants de déguerpir dans des délais parfois très courts. Ces pratiques, souvent opaques, alimentent les tensions et soulèvent des interrogations sur les motivations réelles derrière ces acquisitions et constructions en pleine période d’instabilité.
Une problématique ancienne, ravivée par l’occupation
Il convient de rappeler que la question de la spoliation des biens de l’État n’est pas nouvelle à Bukavu. Déjà avant l’occupation de février 2025, le sujet faisait débat au sein de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu, qui avait mis en place une commission d’enquête. Les résultats de cette commission avaient révélé de nombreuses irrégularités dans la gestion du patrimoine public.
Aujourd’hui, dans un contexte de contrôle militaire et politique par l’AFC/M23, cette problématique semble s’aggraver, posant la question de la protection du patrimoine de l’État et du respect des lois foncières.
Rédaction

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