« connnaître son groupe sanguin n’est pas un luxe, mais une nécessité vitale. » Appel lancé ce jeudi 02 Octobre, par de deux jeunes médecins sur l’importance d’avoir une connaissance sur son groupe sanguin. Dans une région où les mythes et le manque d’information persistent, cette ignorance continue de coûter des vies, surtout en cas d’urgence médicale.
À Bukavu, nombreux sont les habitants qui ignorent leur groupe sanguin, parfois jusqu’à l’âge adulte. Cette négligence devient tragique lorsque survient une urgence nécessitant une transfusion sanguine. « Il y a des patients qui perdent la vie simplement parce qu’on ne connaît pas leur groupe sanguin », déplore le docteur Namegabe Julien, médecin généraliste au centre médical REPRO CARE.
Selon lui, cette information devrait être communiquée dès la naissance. Pourtant, les parents repartent souvent de la maternité sans poser la question, et l’enfant grandit sans jamais connaître ce détail crucial.
Une question de survie et reproductive
« Tout le monde doit connaître son groupe sanguin, pour son propre bien et pour celui de la société », insiste le docteur Namegabe. Dans une région où les jeunes constituent la majorité de la population, leur rôle est essentiel dans le don de sang. « Beaucoup de malades ont besoin de sang, et ce sont les jeunes qui doivent le leur donner pour sauver des vies. »
Le mariage et la santé reproductive
Au-delà des urgences médicales, la connaissance du groupe sanguin est également primordiale pour les jeunes couples. Le docteur Marc Burume met en garde contre les risques de compatibilité sanguine dans certains mariages, notamment entre personnes de groupes A+ et B-. Ces unions peuvent entraîner des complications lors de la grossesse: anémies néonatales, fausses couches à répétition, voire mort fœtale.
Mais les risques ne s’arrêtent pas là. Les médecins insistent sur l’importance des examens prénuptiaux pour détecter les incompatibilités génétiques, notamment liées à la drépanocytose. « Les porteurs du gène AS ont plus de chances d’avoir des enfants SS que les couples AS-AA », explique le docteur Namegabe.
Ces deux médecins appellent à une prise de conscience collective. Ils encouragent les jeunes à se faire dépister, à discuter de leur groupe sanguin en famille, et à intégrer cette information dans les démarches de mariage. Car au Sud-Kivu, connaître son groupe sanguin peut littéralement sauver des vies.
Par Linda Batumike

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