À l’occasion de la Journée internationale de la résolution des conflits, Déo Buuma, Directeur de l’Action pour la Paix et la Concorde (APC), a dressé un constat alarmant sur les obstacles majeurs entravant les efforts de paix en République Démocratique du Congo. C’était lors d’une interview nous accordé, ce lundi 20 Octobre 2025 .
À cette occasion, il a évoqué les défis persistants liés à la guerre, à l’assistance humanitaire, à la restriction des ressources financières et à l’isolement géographique entre l’Ouest et l’Est du pays.
« Le premier grand défi aujourd’hui, c’est cette guerre qui ne s’arrête pas. Elle est injuste, injustifiée et absurde. Elle enlève des vies, elle plonge des populations entières dans le déplacement interne et dans le refuge. » déplore t-il.
Selon lui, les zones rurales, considérées comme le grenier alimentaire du pays, sont progressivement vidées de leurs habitants, contraints à fuir les violences. Ce déplacement massif affecte non seulement la stabilité sociale, mais aussi les structures communautaires censées porter le développement local.
« Les structures construites pour que la population prenne en main sa propre destinée sont elles-mêmes déplacées ou réfugiées dans des pays voisins comme le Burundi ou l’Ouganda. C’est un recul dans le processus de stabilisation. »
Autre défi majeur: l’absence de ponts aériens reliant les deux extrémités du pays. Déo Buuma déplore les itinéraires complexes et coûteux nécessaires pour relier Kinshasa à Bukavu, souvent via plusieurs pays étrangers, ce qui freine l’intervention rapide des acteurs humanitaires.
« Pour quitter Kinshasa et arriver à Bukavu, il faut parfois passer par l’Éthiopie, l’Ouganda, voire le Rwanda. Cela implique des coûts supplémentaires non prévus. »
Il pointe également la baisse des financements internationaux, conséquence des tensions régionales et des priorités déplacées vers d’autres crises mondiales, comme la guerre en Ukraine.
En fin, Déo Buuma a souligné l’importance de cette journée comme moment de réflexion collective sur les limites des approches judiciaires dans la résolution des conflits.
« Parfois, de mauvais arrangements valent mieux que de bons procès. Les procès, on l’a vu, n’engendrent que violence. C’est le cas entre Israël et la Palestine, entre la Russie et l’Ukraine, et dans notre région des Grands Lacs. »
Pour lui, la paix reste le socle du développement et du bien-être des populations. Il appelle à des solutions concertées, loin de la folie humaine qui ne mène qu’à la destruction.
Par Mitterrand Rukozo

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