Un panel consacré à la liberté d’expression et à la solidarité entre femmes a été organisé par la plate forme Mot’Art, ce jeudi 4 décembre 2025 à Bukavu. Le débat a porté sur l’étiquette « Munyerenkana » ou femme modèle, souvent utilisée pour imposer obéissance et silence aux femmes.
Dans plusieurs communautés du Sud-Kivu, les femmes sont encore encouragées à rester silencieuses et à ne pas participer aux décisions les concernant. L’expression «Munyerenkana » symbolise cette limitation de leur autonomie et de leur liberté de parole. Le panel a réuni des femmes de divers générations pour réfléchir à la place qu’elles occupent aujourd’hui et à celle qu’elles souhaitent occuper demain. En partageant leurs expériences, elles ont pu apprendre les unes des autres, évoquer leurs difficultés et exprimer leurs ambitions.
Pour Dareel Longundu Directeur de la structure Mot’Art, indique que ce projet vise à restaurer leur voix, renforcer leur confiance et affirmer leur place dans la société, ouvrant ainsi la voie à un avenir où elles pourront choisir et s’affirmer pleinement.
»L’objectif est de renforcer la confiance en soi et de promouvoir la solidarité féminine comme moteur du changement. » a t-il indiqué
La rencontre a offert un espace sûr où chacune pouvait s’exprimer librement, sans crainte de jugement.
Inès Mangominja, danseuse au sein de Mot’Art, a souligné : « Une femme munyerenkana doit être libre de faire ses choix ».
Les intervenantes ont rappelé que la culture du silence limite l’apprentissage, l’accès aux responsabilités et la participation citoyenne. Elles insistent sur le fait que pour qu’une femme puisse défendre ses droits et jouer un rôle actif dans sa communauté, elle doit être reconnue comme une personne capable de penser, décider et s’exprimer librement.
Madame Agnès Sadiki, Ministre Provinciale honoraire, a insisté sur l’importance de rester positive : « Les femmes doivent rester positives pour montrer que tout n’est pas figé dans notre culture et que nous avons des valeurs à conserver. »
Elle a ajouté que le respect ne doit plus être à sens unique, mais transversal, impliquant hommes et femmes dans les mêmes standards de considération.
En remettant en question l’étiquette « Munyerenkana », le panel a encouragé les participantes à revoir la place qu’elles s’attribuent et à interroger les attentes de la société.
Par Patricia Mabasa

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