13/05/2026

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‎Sud-Kivu: la fracture sociale  inquiète, la société civile lance un appel à l’unité face aux divisions post-crise

Face aux tensions sociales croissantes entre les habitants restés à Bukavu et ceux ayant fui la ville à la veille de l’avancée du mouvement armé AFC/M23, Blaise Musole, acteur de la société civile et analyste social, appelle à la solidarité pour éviter un conflit générationnel au sein de la communauté. Il l’a fait savoir lors d’une interview nous accordée ce 18 Décembre 2025.

‎Alors que la menace d’une occupation de Bukavu par les troupes de l’AFC/M23 devenait de plus en plus palpable en février 2025, une partie de la population a choisi de se déplacer vers Kinshasa, le Burundi, l’Ouganda ou le Rwanda. D’autres, en revanche, ont décidé de rester sur place, poursuivant leurs activités malgré l’incertitude.

‎Cette divergence de choix a laissé des traces profondes. Selon Blaise Musole, une fracture sociale s’est installée entre les deux groupes. « Ceux qui sont partis sont jugés irresponsables par ceux qui sont restés, car ils ont laissé leurs responsabilités par crainte d’être, soit menacés ou tués. Ceux qui sont partis, de leur part, pensent que ceux qui sont restés sont des mèches au mouvement AFC/M23 en place, alors que, quelque part, ce n’est pas vrai », explique-t-il.

‎Pour Musole, cette situation, bien que douloureuse, ne devrait pas être source de division. Il insiste sur la nécessité de préserver la cohésion sociale: « C’est vrai que notre pays est menacé par la guerre. La population congolaise a toujours été solidaire. Il ne faut pas qu’on manifeste notre faiblesse par rapport à la situation actuelle. Nous savons que la situation va passer. »

‎Il met en garde contre les risques de dérives identitaires et communautaires: « Il ne faut pas qu’après la situation, les gens développent des esprits de conflit, de division, de tribalisme. Alors que le tribalisme, c’est un des défis majeurs pour le développement intégral. »

‎Musole appelle à une prise de conscience collective: « Les gens doivent comprendre que la situation que notre ville a traversée, qu’elle traverse actuellement, c’est une situation qui devait être normale. On devait quand même voir les gens qui pouvaient se déplacer. »

‎Il lance un message fort à l’ensemble de la population: « Nous sommes les enfants d’une même famille, notre père s’appelle la République Démocratique du Congo. Nous devons être soudés, développer la cohésion sociale et garder le développement intégral. »

‎Prosper Mubambwe

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