14/08/2026

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‎Bukavu: l’attente, l’angoisse et l’espoir  sur les marchés à l’approche des fêtes

Reportage

À quelques jours des fêtes de fin d’année, le marché dit chez Baba Chingazi incarne les difficultés croissantes des petits commerçants de Bukavu, entre la baisse du pouvoir d’achat, le chômage et l’insécurité. Un constat fait ce vendredi 19 décembre 2025 par la rédaction de Free Médias.

Il est presque midi. Les yeux braqués de deux côtés de la route, mais personne ne vient acheter.

Nous sommes au marché dit Baba Chingazi. Les vendeuses et vendeurs éprouvent une difficulté à écouler leurs marchandises et craignent de passer des fêtes sans les moyens nécessaires. Les mouvements commerciaux restent faibles dans plusieurs coins du marché. L’ambiance est marquée par l’inquiétude et l’attente, loin de l’effervescence qui caractérisait autrefois cette période festive.

Entre la crise socio-économique et sécuritaire, le tumulte habituel de cette période festive a laissé place à un silence pesant, reflet d’une population frappée de plein fouet par la crise.

Francine Cibalama, vendeuse de vêtements pour enfants, confie son désarroi:

« Nos maris ne travaillent plus pour le moment et nous ne savons pas comment nous allons fêter avec nos enfants. Nous avons emprunté de l’argent pour renforcer nos marchandises, mais malheureusement, nous n’arrivons pas à vendre comme il faut, faute de circulation d’argent et à cause du manque d’emplois. Avant, les hommes donnaient de l’argent à leurs femmes après avoir touché leurs salaires pour préparer les fêtes. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. »

Comme elle, de nombreuses commerçantes vivent dans l’angoisse. Le marché, autrefois lieu d’effervescence à l’approche des fêtes, est désormais marqué par l’attente et l’incertitude. Les rares clients qui s’y aventurent se contentent souvent de regarder, sans acheter.

Des journées sans ventes

Solange Namwezi, elle aussi vendeuse de vêtements pour enfants, tire un constat amer:

« Il n’y a presque pas de mouvements ici au marché malgré nos efforts. Il nous arrive parfois de ne même pas gagner 100 francs congolais dans toute une journée, faute de clients. L’année passée, il n’y avait pas autant de problèmes. Cette année est vraiment difficile pour nous. »

Les vendeurs d’articles de décoration ne sont pas épargnés. Amani Cirimwami Nelson, qui propose des sapins et des guirlandes, lance un appel:

« J’aimerais demander à la population de venir acheter pour décorer leurs églises et leurs maisons. Les marchandises de décoration sont très importantes pendant cette période. Si nous ne vendons pas maintenant, il n’y aura plus de moment favorable, car ce sont des produits saisonniers. »

Pour ces femmes et hommes, les fêtes ne sont plus synonymes de réjouissance, mais d’un combat quotidien pour la survie.

Par Patricia Mabasa