28/06/2026

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‎ Est de la RDC : l’ONU alerte sur une explosion des violences sexuelles

Poissons salés étalées au marché Muhanzi

Alors que le monde célèbre la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines ce vendredi 6 février 2026. Les agences humanitaires des Nations Unies tirent la sonnette d’alarme sur la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). Elles observent des « niveaux alarmants » de violences sexuelles, conséquence directe du conflit armé qui secoue les provinces du Nord et du Sud-Kivu.

‎Des enfants parmi les victimes

‎Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) rapporte que 45 cas de violences sexuelles sur des enfants ont été recensés. Par ailleurs, 70 enfants de moins de cinq ans blessés ont été admis à l’hôpital Virunga, à Goma, pour recevoir des soins spécialisés.

‎Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), des éléments armés profitent du climat délétère pour perpétrer des pillages et des viols dans plusieurs quartiers de Goma, notamment Majengo, Virunga, Birere, ainsi qu’aux abords de l’aéroport et du rond-point Instigo.

‎Outre le Nord-Kivu, le Sud-Kivu connaît lui aussi une recrudescence des abus. À Kalungu, dans le territoire de Kalehe, cinq filles d’une même famille ont été violées par des hommes armés. Elles ont été prises en charge à l’hôpital local, selon l’OCHA.

‎Les précédents conflits dans l’est de la RDC, comme la prise de Goma par le M23 en 2012, avaient déjà été marqués par de graves violations des droits humains, notamment des meurtres de civils et des violences sexuelles.

‎Des violences devenues routinières

‎ONU Femmes souligne que les femmes et les filles congolaises sont confrontées à des « niveaux accrus de violence sexuelle et sexiste », les rapports de viol et d’exploitation étant désormais « tragiquement routiniers ». Les déplacements forcés éloignent les femmes des mécanismes de protection communautaires, amplifiant les risques de violences basées sur le genre.

‎Des préoccupations urgentes exprimées par les organisations de femmes

‎Lors d’une réunion organisée par ONU Femmes, les organisations locales ont dénoncé la généralisation des violences sexuelles, les déplacements massifs et les lacunes en matière de protection et de services sociaux de base. La combinaison de ces facteurs, aggravée par les inégalités de genre, accentue la vulnérabilité des femmes et des filles.

‎Kinshasa redoute des conséquences dramatiques

‎Le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a récemment examiné un rapport exceptionnel présenté par la RDC. La ministre congolaise des droits humains, Chantal Chambu Mwavita, a reconnu que « des milliers de femmes et de filles ont été victimes de viols, de mutilations et d’autres formes de violences inhumaines » dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.

‎Selon Kinshasa, ces atrocités ne se limitent pas aux camps de déplacés mais s’étendent jusque dans les foyers, lieux censés être synonymes de sécurité.

‎ Par Mitterrand Rukozo