À l’occasion de la Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF) célébrée chaque le 6 Février de l’année, les communautés sont appelées à mettre fin à cette pratique qui touche encore des millions de femmes et de filles dans le monde causant des conséquences néfastes sur leur avenir.
Un fléau persistant aux conséquences dramatiques
Les MGF, qui consistent à altérer ou léser les organes génitaux féminins pour des raisons non médicales, entraînent des séquelles graves : infections, douleurs chroniques, infertilité, dépression, voire décès. Plus de 230 millions de femmes et filles vivent aujourd’hui avec ces conséquences. Chaque année, environ 4 millions de nouvelles victimes, dont plus de 2 millions avant l’âge de cinq ans, subissent cette pratique selon UNFPA.
Traditions rétrogrades et violences multiples
Dans certaines communautés, les mutilations sont perçues comme un passage obligé pour qu’une femme soit « respectée ». Les filles les subissent dès l’enfance, découvrant plus tard l’exclusion et la marginalisation. En contexte de guerre, ces violences s’ajoutent aux viols, aggravant les traumatismes physiques et psychologiques.
Pour Annie Binja, militante des droits des femmes, la solution passe par une approche intégrée : garantir l’accès à des services de santé et de justice sûrs; intensifier la sensibilisation communautaire; investir dans les associations dirigées par des survivantes et renforcer les cadres juridiques existants.
Au-delà de l’urgence humanitaire, l’inaction coûte cher, les systèmes de santé dépensent 1,4 milliard de dollars par an pour traiter les complications liées aux MGF. Les hommes et les garçons, aux côtés des femmes et des survivantes, ont un rôle crucial à jouer pour transformer les normes sociales et mettre fin à ces pratiques.
Un appel à la conscience collective
Annie Binja insiste sur: « il faut bannir les coutumes rétrogrades, sensibiliser les communautés rurales où les pratiques persistent, et appliquer les lois qui interdisent les mutilations. Les familles, les leaders communautaires, les organisations civiles et les gouvernements doivent assumer leur responsabilité pour protéger chaque fille. » A t- elle conclu.
Par Mitterrand Rukozo


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