27/06/2026

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‎Est de la RDC : faute de financements, l’aide humanitaire en 2026  contrainte de choisir qui sauver

La réponse humanitaire en République démocratique du Congo sera fortement limitée en 2026 en raison d’un manque de financements. Sur près de 15 millions de personnes ayant besoin d’une assistance vitale, seules 7,3 millions pourront être prises en charge, selon un communiqué de presse du Bureau de la Coordination des Affaires Humanitaire des Nations unies en RDC (OCHA).

‎Faute de ressources suffisantes, la réponse humanitaire en RDC sera sévèrement recentrée en 2026. Cette décision contraint les acteurs humanitaires à cibler uniquement les populations faisant face aux menaces les plus immédiates pour leur survie, dans un contexte de crise humanitaire prolongée, notamment dans l’Est du pays.

‎Santé , 1,5 million de personnes privées de soins de base

Le sous-financement a déjà des conséquences directes sur l’accès aux services essentiels.

‎Selon OCHA, environ 1,5 million de personnes ont perdu l’accès aux soins de santé primaires, en raison  de la fermeture de structures sanitaires; de ruptures de stock de médicaments vitaux, et d’une capacité réduite de prévention et de réponse aux épidémies.

Alimentation, une assistance drastiquement réduite

Dans le même temps, les cibles d’assistance alimentaire mensuelles ont été réduites jusqu’à 73 %, exposant les populations les plus vulnérables à des risques accrus de faim, de malnutrition et de privation.

‎Un appel de 1,4 milliard de dollars pour 2026

Face à l’ampleur des besoins, le Gouvernement de la RDC et la communauté humanitaire ont lancé un appel de 1,4 milliard de dollars pour l’année 2026.

‎Cet appel a été présenté lors d’une rencontre conjointe tenue le 28 janvier 2026.

« La combinaison de besoins immenses et de ressources limitées nous impose des choix extrêmement difficiles, parfois impossibles », a déclaré Bruno Lemarquis, Coordonnateur humanitaire en RDC.

‎« Nous appelons à un engagement financier renouvelé et renforcé afin de préserver la dignité des populations congolaises confrontées à des souffrances aiguës et d’éviter que des millions de personnes ne soient privées de soutien vital », a-t-il ajouté.

‎Une crise aggravée par l’insécurité dans l’Est du pays

‎La situation humanitaire s’inscrit dans un contexte sécuritaire fortement dégradé depuis janvier 2025 dans l’Est de la RDC, notamment au Nord-Kivu, au Sud-Kivu et en Ituri.

‎Les affrontements persistants ont entraîné une évolution des besoins humanitaires, perturbé les chaînes d’approvisionnement et accru les contraintes sécuritaires et administratives, rendant l’accès aux populations affectées de plus en plus difficile, selon OCHA.

‎Souvent absente de l’actualité internationale, la crise humanitaire en RDC demeure l’une des plus longues et des plus négligées au monde.

‎La communauté humanitaire affirme rester mobilisée aux côtés du Gouvernement congolais pour sauver des vies et protéger les civils, tout en soulignant que l’extension de la réponse humanitaire dépendra directement de la mobilisation des financements.

‎En 2025 déjà, le sous-financement avait eu des conséquences majeures, avec la fermeture de plus de 1 000 centres de nutrition, privant plus de 390 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère d’une prise en charge essentielle.

 

‎Par Mitterrand Rukozo