Deux semaines après la fermeture des frontières entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, décidée par Kigali le 17 mai 2026, les conséquences se font durement sentir à Bukavu. Les marchés locaux, autrefois abondants en produits de première nécessité, connaissent une raréfaction progressive des marchandises et une flambée des prix.
Bahati Maluku, vendeuse de légumes, raconte son quotidien bouleversé : « Cette situation augmente les risques de fraude et de pertes financières. Souvent l’argent est envoyé, mais les marchandises reçues ne correspondent pas à celles commandées. »
Même constat pour Mazambi Christine, vendeuse d’oignons au marché d’Elakate : « Au départ, nous traversions nous-mêmes la frontière pour acheter des produits de bonne qualité. Aujourd’hui, nous dépendons des chauffeurs et responsables. Il arrive qu’on envoie cinq colis et qu’à l’arrivée il en manque certains. Parfois, les marchandises sont mélangées avec des produits abîmés. »
Face à ces difficultés, les commerçantes, souvent mères de famille, tirent la sonnette d’alarme. Elles demandent aux autorités d’autoriser la présence d’une représentante lors des opérations d’achat afin de garantir la transparence et protéger leur activité.
« Nous demandons qu’une de nous puisse suivre les opérations pour sécuriser nos marchandises », insiste Bahati Maluku.
La dépendance du marché local aux échanges transfrontaliers accentue la crise. Les retards de livraison provoquent une hausse des prix, notamment sur les produits vivriers. « Nous rencontrons des difficultés pour nous approvisionner. Les marchandises arrivent avec beaucoup de retard et cela entraîne une augmentation des prix », ajoute Mazambi Christine.
Alors que les commerçants réclament un assouplissement des mesures, les autorités rappellent la nécessité de rester prudents pour éviter l’introduction de l’Ebola.
Le dilemme reste entier : protéger la santé publique tout en préservant la survie économique des familles dépendantes du commerce transfrontalier.

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