La province du Sud-Kivu, est confrontée à une dégradation progressive de son environnement, principalement causée par la déforestation. Ce phénomène, observé depuis plusieurs années, continue de susciter des inquiétudes dans plusieurs entités de la province ainsi que dans ses zones périphériques.
Selon les spécialistes de l’environnement, cette situation est alimentée par plusieurs facteurs, notamment l’expansion urbaine, la demande croissante en bois de chauffe et en charbon de bois, ainsi que l’exploitation souvent incontrôlée des ressources naturelles.
Face à cette réalité, plusieurs acteurs environnementaux continuent de tirer la sonnette d’alarme. Ils dénoncent une dégradation progressive du cadre de vie urbain et une destruction croissante de la biodiversité.
Roméo Bisimwa , diplômé en sciences de la biodiversité et conservation et coordonnateur de la synergie des organisations environnementale, souligne que les arbres jouent un rôle essentiel dans l’équilibre des écosystèmes.
« Les arbres constituent des niches écologiques pour plusieurs espèces. Lorsqu’on les coupe, on détruit une partie de l’écosystème. Certaines espèces ne vivent que dans les arbres. Leur disparition ou leur déplacement perturbe l’équilibre naturel et entraîne une réduction progressive de la biodiversité », explique-t-il.
Selon lui, certaines espèces animales sont contraintes de quitter leur habitat naturel pour s’installer dans d’autres milieux où leur adaptation demeure difficile. D’autres disparaissent tout simplement, contribuant ainsi à l’appauvrissement de la biodiversité locale.
Au-delà de la biodiversité, la déforestation affecte également le cycle naturel de l’eau. Les arbres absorbent l’eau du sol à travers leurs racines, la transportent dans leurs tissus puis la rejettent dans l’atmosphère sous forme de vapeur grâce au phénomène de transpiration.
Pour Roméo Bisimwa, l’abattage massif des arbres perturbe ce mécanisme naturel.
« Lorsque les arbres sont coupés, le cycle de l’eau est perturbé. Cette situation peut avoir des répercussions sur le climat local, les précipitations et la disponibilité des ressources en eau », précise-t-il.
Les conséquences de la déforestation se manifestent également par l’érosion des sols, la fragilisation des terrains et l’augmentation des risques de catastrophes naturelles, notamment dans les zones à forte pente qui caractérisent le Sud-Kivu.
La disparition du couvert végétal favorise aussi la hausse des températures locales, tandis que la pollution des eaux et la dégradation des terres agricoles deviennent de plus en plus préoccupantes.
Les experts estiment que la mauvaise gestion de l’environnement accentue davantage les risques écologiques auxquels la province est confrontée.
Faisant face à cette menace progressive, les acteurs environnementaux plaident pour le renforcement des initiatives de reboisement, de sensibilisation communautaire et de gestion durable des ressources naturelles.
Ils rappellent que la protection des arbres et des espaces verts constitue un enjeu majeur pour préserver l’équilibre écologique en province et garantir un développement durable au bénéfice des générations présentes et futures.
Par Mitterrand Rukozo

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