Venus de différents horizons, mais portés par des aspirations communes, les jeunes du Sud-Kivu et du district de Rusizi au Rwanda ont célébré ensemble la Journée internationale de la jeunesse. Organisée à Bukavu, dans la salle Rio de Nguba mercredi 12 Aout 2026. Cette mobilisation a réuni plus de 200 jeunes leaders issus de différentes organisations de la ville de Bukavu, des territoires du Sud-Kivu et de Rusizi.
L’activité a été organisée par le Forum Inter-reseau des jeunes pour la paix de Bukavu et la Coalition Jeunesse, Paix et Sécurité (CCJPS) du Sud-Kivu, dans le cadre du projet Kizazi Cha Amani, mis en œuvre par International Alert avec l’appui financier de l’Union Européenne.

Placée sous le thème « Des contextes différents, des aspirations communes », cette rencontre a constitué un espace de dialogue, de réflexion et d’expression pour une jeunesse confrontée à de nombreux défis, notamment les conflits armés, le chômage et les difficultés socio-économiques.
Instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1999, la Journée internationale de la jeunesse vise notamment à attirer l’attention sur les défis auxquels les jeunes sont confrontés et à mettre en valeur leur rôle comme acteurs essentiels du développement et de la société.
Des jeunes appelés à devenir des acteurs de paix
Dans la région des Grands Lacs, particulièrement au Sud-Kivu, les jeunes restent au cœur des dynamiques sociales, mais sont également parmi les premières victimes des crises et des conflits. La rencontre de Bukavu a ainsi permis aux participants de réfléchir à leur contribution à la construction d’une paix durable.
Après les différentes allocutions des responsables des organisations initiatrices et l’intervention du cheffe de projet de International Alert, les participants ont pris part à une activité symbolique, la construction de l’arbre de paix.
À travers des messages inscrits sur cet arbre, les jeunes ont exposé les difficultés auxquelles ils font face, mais aussi leur résilience et les solutions qu’ils proposent pour renforcer la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble.

Après la lecture de ces différents messages, les partenaires présents ont encouragé les jeunes à poursuivre leurs engagements et à renforcer leurs initiatives, tout en insistant sur leur responsabilité dans la consolidation de la paix.
Pour Nathalie Kianga, membre du Forum Inter-Réseaux des Jeunes pour la Paix de Bukavu, les différences entre les jeunes ne devraient pas constituer un facteur de division.
« J’appelle les jeunes à renforcer leur participation significative dans la construction de la paix, mais aussi à renforcer la synergie de leurs actions à travers différentes plateformes, les dialogues et les sensibilisations. Tous ceux qui cheminent vers la construction de la paix dans notre région des Grands Lacs doivent travailler ensemble. »
De Bukavu à Rusizi, un même engagement
La mobilisation a également permis de faire entendre la voix des jeunes venus du Rwanda. Pour Josline , participante de Rusizi, la promotion du dialogue et de la tolérance constitue une voie essentielle pour prévenir et résoudre les conflits au sein des communautés.
« Je promets de promouvoir le dialogue, la tolérance et la paix et de résoudre les conflits dans ma communauté. »
Un engagement partagé par Tibabonga Godelive, de l’organisation Je suis la Relève de la Femme (JRF), qui appelle les jeunes à ne pas abandonner face aux difficultés.
« Peu importe les difficultés que nous traversons, nous devons toujours rester forts. Les obstacles n’arrêteront pas nos rêves. J’appelle tout le monde à vivre dans l’unité, car ensemble nous aurons la paix. »
Ces différentes prises de position traduisent une volonté commune : renforcer les liens entre les jeunes de part et d’autre de la frontière et faire de la jeunesse un véritable moteur de paix dans la région des Grands Lacs.
L’art et l’entrepreneuriat au service de la paix
La célébration n’a pas été limitée aux échanges et aux discussions. Des artistes, poètes, slameurs et chanteurs ont également contribué à l’événement à travers des prestations axées sur la paix, le vivre-ensemble et la cohésion sociale.
Une vitrine d’exposition a également permis à une trentaine d’organisations de jeunes de présenter leurs produits et services. Une manière de mettre à jour les initiatives locales et les capacités de résilience des jeunes dans leurs communautés.

Au-delà de la célébration, cette rencontre de Bukavu aura donc permis de rappeler que la jeunesse des Grands Lacs, malgré des contextes parfois différents, partage des aspirations communes : vivre en paix, participer aux décisions qui la concernent et contribuer à la construction de communautés plus inclusives et résilientes.
Par Prosper Mubambwe

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