L’organisation Solidarité d’Actions pour le Développement Intégral (SADI ASBL) a clôturé, mercredi 12 août 2026 à Bukavu, le projet WOMAN CAN à travers un Forum Multipartite consacré au leadership et à la participation des femmes dans les processus de prise de décision. Organisée à l’École internationale Enfant du Monde, cette rencontre a réuni des représentants des autorités provinciales, de la société civile, des organisations féminines, des organisations locales de jeunes ainsi que des partenaires au développement.
Pendant plusieurs heures, les participants ont échangé sur les principaux acquis du projet, les défis qui continuent de limiter la participation des femmes dans les espaces de décision et les perspectives permettant de consolider les résultats obtenus.
Mis en œuvre pour contribuer au renforcement des capacités des femmes et des jeunes filles, à leur autonomisation socio-économique et à leur participation à la gouvernance, le projet WOMAN CAN a notamment permis aux bénéficiaires de développer des compétences utiles à leur engagement communautaire et à leur leadership.
La participation des femmes aux décisions publiques au cœur des échanges
L’un des temps forts du forum a été le panel consacré au thème : « Intégrer les femmes dans l’élaboration et la mise en œuvre des politiques locales et nationales afin que leurs besoins et priorités soient pris en compte ».
Intervenant comme paneliste, Madame Solange Lwashiga, coordinatrice du Caucus des femmes du Sud-Kivu, a insisté sur la nécessité de passer d’une simple reconnaissance des droits des femmes à une participation effective et significative de celles-ci dans les espaces de décision.
Elle a rappelé la responsabilité de l’État congolais dans la promotion de l’égalité et de la parité, conformément à la Constitution de la République démocratique du Congo, notamment à travers son article 14.
Pour elle, les femmes doivent être considérées comme des actrices à part entière du développement du pays, capables de mettre leur expertise et leurs expériences au service de l’élaboration des politiques publiques.
« Les femmes ont des potentialités et des capacités d’interagir et d’apporter les vrais problèmes, les vrais besoins de la population, afin que ces besoins puissent être pris en compte dans l’élaboration des politiques publiques. »
Renforcer le plaidoyer et l’accès à l’information
Solange Lwashiga a également appelé les femmes à renforcer leur leadership et à utiliser davantage les outils de plaidoyer, de participation citoyenne et de communication pour faire entendre leurs préoccupations et influencer les décisions publiques.
Elle a particulièrement insisté sur l’importance de l’accès à l’information. Selon elle, connaître le fonctionnement des institutions, identifier les espaces de décision et comprendre les mécanismes de participation constituent des leviers essentiels pour permettre aux femmes de mieux se positionner dans la gouvernance locale et nationale.
Elle a également encouragé les femmes à saisir les opportunités offertes par les processus électoraux et les différents mécanismes de participation citoyenne afin d’accroître leur présence dans les instances politiques et décisionnelles.
Une meilleure représentation des femmes dans ces espaces contribuerait, selon elle, à une meilleure prise en compte de plusieurs priorités sociales, notamment la santé, l’éducation des filles, la protection des communautés et la construction d’une paix durable.
La transmission entre générations comme levier du leadership
La paneliste a par ailleurs souligné l’importance de la transmission des connaissances et de l’expérience entre générations. Elle a encouragé les jeunes filles à apprendre auprès des femmes ayant déjà une expérience dans les domaines du leadership, de la gouvernance et du plaidoyer.
Dans un contexte marqué par l’essor du numérique, elle a également invité les jeunes femmes à utiliser les outils digitaux pour s’informer, développer leurs réseaux, porter leurs messages et participer davantage aux débats publics.
Les jeunes organisations du Sud-Kivu appelées à poursuivre l’engagement
La présence de plusieurs organisations locales de jeunes du Sud-Kivu a également enrichi les échanges. Leur participation a permis d’élargir la réflexion sur le leadership féminin à la question de la relève générationnelle et de la participation des jeunes femmes dans les initiatives communautaires et citoyennes.
Les discussions ont ainsi mis en évidence la nécessité de créer davantage d’espaces sûrs et inclusifs permettant aux jeunes femmes de développer leurs compétences, de faire entendre leur voix et de contribuer aux processus de décision à différents niveaux.
Des certificats pour valoriser les acquis
La rencontre a été également marquée par la remise officielle des certificats aux bénéficiaires du projet WOMAN CAN. Ce moment symbolique est venu reconnaître les efforts accomplis et les compétences acquises au cours de la mise en œuvre du projet.
Au-delà de la cérémonie de clôture, le forum a permis aux participants de formuler des engagements en faveur de la poursuite des actions visant à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes, l’autonomisation des femmes et leur participation aux processus de gouvernance.
À travers la clôture de WOMAN CAN,entend ainsi contribuer à la consolidation des acquis du projet et encourager les différents acteurs à poursuivre les efforts en faveur d’un leadership féminin plus inclusif et d’une participation accrue des femmes et des jeunes filles au développement de leurs communautés.
Cosna Muhigwa

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