Cent nouveaux médecins du Sud-Kivu viennent de faire leur entrée officielle dans la corporation médicale congolaise. Ils ont prêté le serment d’Hippocrate ce jeudi 13 août 2026, au cours d’une cérémonie organisée par l’Ordre des médecins du Sud-Kivu à l’hôtel New Riviera, à Bukavu.
Vêtus de leurs blouses blanches, une écharpe autour du cou et un document rappelant les lois et règles qui encadrent leur profession entre les mains, les nouveaux médecins ont, à tour de rôle, levé la main avant de prononcer solennellement leur engagement.
Après l’appel nominatif, les impétrants se sont avancés à tour de rôle pour prononcer le traditionnel serment d’Hippocrate : « Je fais cette promesse solennelle, librement et sur mon honneur. »
Un moment à la fois solennel et chargé d’émotion, vécu aux côtés de leurs familles, amis et collègues venus les accompagner dans cette nouvelle étape de leur parcours professionnel.
Des conseils pour une carrière au service du malade
Au-delà du caractère symbolique de la cérémonie, les responsables de la corporation médicale ont saisi l’occasion pour rappeler aux nouveaux médecins les exigences liées à leur profession.
Tour à tour, les membres de la corporation ont insisté sur la nécessité d’apprendre chaque jour, de respecter les aînés, de préserver le secret médical et de respecter les lois et règles qui régissent la profession.
La gestion de la relation avec les patients, l’utilisation responsable des réseaux sociaux, le comportement professionnel ainsi que le respect des obligations envers la corporation ont également été évoqués.
Les responsables ont rappelé que l’Ordre des médecins ne se limite pas à encadrer la profession. Il a également pour rôle de veiller aux intérêts et à la vie professionnelle des médecins.
« C’est comme une dame qui vient d’accoucher »
Pour Alice Zawadi, présidente provinciale de l’Ordre des médecins du Sud-Kivu pour la période 2022-2026, l’arrivée de ces nouveaux praticiens constitue une véritable source de satisfaction pour la corporation.
« Pour nous, c’est une joie immense. On se considère comme une dame qui vient d’accoucher et qui augmente sa famille. C’est vraiment important. C’est une cérémonie très remarquée et très considérée dans la corporation des médecins », explique-t-elle.
Elle a appelé les nouveaux médecins à faire preuve de simplicité, d’assiduité, d’amour et surtout d’honnêteté dans l’exercice de leur métier.
« Pourquoi ? Parce qu’un médecin doit être humble et doit aimer les malades comme il s’aime lui-même », a-t-elle ajouté.
« Être aux côtés des populations les plus vulnérables »
Parmi les nouveaux médecins, Christian Iyimba se félicite de cette nouvelle étape de son parcours. Pour lui, l’inscription dans la corporation médicale représente l’aboutissement de plusieurs années d’efforts, mais aussi le début d’une nouvelle responsabilité envers la population.
« C’est quand même un pas de plus dans notre parcours en tant que professionnels de santé. Nous avons aimé la médecine et nous aimons la pratiquer depuis longtemps. Aujourd’hui, c’est un engagement d’être tous les jours, tout le temps, aux côtés des populations les plus vulnérables, des pauvres, et d’aider les malades à recouvrer la santé », s’engage-t-il.

Il encourage, par ailleurs, les étudiants encore sur les bancs de la faculté de médecine à garder le cap et à persévérer jusqu’au bout de leur formation.
Une nouvelle responsabilité
Cette cérémonie marque ainsi une nouvelle étape pour ces cent praticiens, désormais appelés à mettre leurs connaissances au service des patients et à respecter les principes qui fondent l’exercice de la médecine.
En République démocratique du Congo, l’Ordre National des Médecins constitue l’organe professionnel chargé notamment de veiller au respect de la déontologie médicale et à l’encadrement de la profession. Des organisations syndicales, notamment le Synamed et le SYMECO, défendent pour leur part les intérêts socio-professionnels des médecins.
Pour ces nouveaux médecins, le serment prononcé à Bukavu ne constitue donc pas seulement la fin d’un long parcours académique. Il marque surtout le début d’un engagement quotidien : soigner, protéger la vie et placer l’intérêt du malade au cœur de la pratique médicale.
Par Mitterrand Rkozo

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