03/09/2026

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RDC-Goma, Bukavu : les jeunes définissent leur feuille de route pour la paix et valident leur agenda national

Les jeunes leaders et organisations des jeunes,  se sont accordés sur cinq grandes priorités pour renforcer leur contribution à la consolidation de la paix. Ces orientations ont été examinées et validées mardi 1er septembre 2026  à Bukavu et à Goma, à l’occasion de l’atelier de validation de l’Agenda national des Jeunes pour la Paix.

La rencontre s’inscrit dans le cadre du projet « Kizazi Cha Amani : Génération de Paix pour les Grands Lacs », qui entend renforcer la participation des jeunes aux processus de paix, de dialogue et de cohésion sociale dans la région.

Les travaux se sont tenus au Centre des Missionnaires Xavériens, à Muhumba a Bukavu. À Goma, les participants se sont retrouvés dans la salle de conférence de l’hôtel Jerryson. Les deux rencontres, reliées par visioconférence, ont permis aux jeunes des deux villes de discuter du contenu du document et de procéder à sa validation conjointe.

L’agenda présenté au cours de ces travaux est l’aboutissement d’un processus de Recherche-Action Participative mené auprès des jeunes à Bukavu, Goma et Nyiragongo. Il vise à traduire leurs préoccupations et leurs aspirations en matière de paix en orientations et en actions concrètes.

Cinq priorités au cœur de l’agenda

Les échanges ont permis de retenir cinq axes prioritaires : la cohésion sociale, le vivre-ensemble et le dialogue intercommunautaire ; la sécurité, la prévention des conflits et des violences ainsi que la protection des jeunes ; la gouvernance participative et l’appropriation de l’Agenda Jeunesse, Paix et Sécurité ; l’autonomisation économique, l’entrepreneuriat et la formation professionnelle ; enfin, la transformation numérique, la lutte contre les discours de haine et la coopération transfrontalière.

Pour les participants, ces priorités doivent désormais dépasser le cadre d’un document de référence pour servir de base aux initiatives portées par les jeunes dans leurs communautés.

Annie Binja, coordonnatrice du Forum inter-réseaux des jeunes pour la paix à Bukavu, présente l’agenda comme l’aboutissement d’un processus auquel les jeunes ont participé à toutes les étapes.

« Cet atelier avait pour objectif de présenter les résultats de la Recherche-Action Participative menée auprès des jeunes à Bukavu, Goma et Nyiragongo. Cette recherche nous a permis de recueillir leurs perceptions et leurs priorités en matière de paix. Sur cette base, nous avons élaboré l’Agenda des Jeunes pour la Paix, qui vient d’être validé au niveau national », explique-t-elle.

Selon elle, les jeunes ne doivent pas seulement être associés aux programmes de paix comme bénéficiaires. Ils doivent également pouvoir formuler leurs propres propositions et les porter auprès des décideurs

« Cet agenda est le fruit de nos propres aspirations. Nous devons donc nous l’approprier et passer aux actions concrètes. La paix ne doit pas rester un simple document, elle doit se traduire dans nos communautés », insiste Annie Binja.

De la participation à l’action

Pour Joella Sambo, coordinatrice de l’organisation Prospérité Africa et membre du Forum inter-réseaux des jeunes pour la paix à Bukavu, la validation de l’agenda marque une étape importante dans la participation des jeunes aux processus de paix.

« L’activité de validation de l’Agenda national de paix est importante parce que ce sont les jeunes eux-mêmes qui ont identifié les actions à mettre en œuvre sur le terrain. Ils avaient surtout besoin d’un accompagnement, et le projet prévoit justement de soutenir certaines de ces initiatives », affirme-t-elle.

Elle estime toutefois que la participation des jeunes aux processus de gouvernance demeure insuffisante. D’où son appel aux organisations et mouvements de jeunesse ayant participé au processus à s’approprier le document et à en faire un outil de plaidoyer.

« Les différentes formations et activités nous ont permis de mieux comprendre notre rôle en tant que jeunes. Aujourd’hui, nous savons davantage que nous avons une responsabilité à jouer dans la construction de la paix et que nous devons passer du statut de simples bénéficiaires à celui d’acteurs engagés », témoigne-t-elle.

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La culture figure également parmi les moyens identifiés par les jeunes pour favoriser le rapprochement entre les communautés.

Pour Joyeux Kabodjo artiste humoriste et coordonnateur de Bukavu Comédie Club, une organisation    du FIRJP estime que cet agenda répond directement aux aspirations des jeunes pour bâtir une paix durable «   les initiatives culturelles peuvent contribuer à créer des espaces de rencontre entre des jeunes issus de milieux différents ».

Les festivals et autres activités culturelles permettent, selon lui, de favoriser les échanges, le partage d’expériences et la compréhension mutuelle, particulièrement dans un contexte marqué par les tensions et les divisions communautaires.

Une jeunesse davantage incluse

La question de l’inclusion a également occupé une place importante dans les discussions. Les participants ont notamment insisté sur la nécessité de prendre en compte les jeunes femmes, les jeunes hommes, les personnes vivant avec handicap et d’autres jeunes en situation de vulnérabilité.

À travers cet agenda, les jeunes veulent ainsi renforcer leur place dans les processus de décision et de consolidation de la paix. L’ambition affichée est de passer progressivement du rôle de bénéficiaires à celui d’acteurs de la paix, capables de proposer des solutions et de contribuer aux mécanismes de dialogue et de cohésion sociale.

La validation nationale de ce document constitue par ailleurs une étape vers l’élaboration d’un Agenda régional des jeunes pour la paix dans les Grands Lacs. Cette prochaine étape devrait permettre de rapprocher les priorités et les initiatives des jeunes de différents pays de la région.

Le projet « Kizazi Cha Amani : Génération de Paix pour les Grands Lacs » est mis en œuvre par International Alert et Pole Institute, avec l’appui financier de l’Union européenne. Il vise notamment à renforcer la participation significative des jeunes aux processus de paix, de dialogue et de cohésion sociale dans la région des Grands Lacs.

Cosna Muhigwa